Anticorps antiphospholipides

Les anticorps dits antiphospholipides sont une famille d’auto-anticorps ayant des spécificités et des affinités diverses ; ils sont dirigés contre les phospholipides à charge négative, contre les protéines se liant aux phospholipides ou contre les deux.

Ils peuvent avoir un effet pathogène en interférant avec les phospholipides membranaires des cellules endothéliales et des plaquettes ou avec les phospholipides impliqués dans la cascade de la coagulation.

Ils peuvent être de type IgM ou IgG, ces derniers causant plus facilement des thromboses.

Les anticorps antiphospholipides les plus souvent rencontrés en clinique sont l’anticoagulant lupique, les anticorps anticardiolipines et les anticorps anti-β2 glycoprotéine 1. 

Cependant, on connaît aussi le rôle thrombogène des anticorps anti-phosphatidyl-éthanolamine (PE), anti-prothrombine, anti-annexine V, anti-mitochondries type 5 (M5) et anti-cellules endothéliales (AECA).

 

1. Anticoagulant lupique :

Il s’agit d’un auto-anticorps, encore appelé anticoagulant circulant. 

Il est responsable d’un allongement du temps de céphaline activée (TCA) lors des tests de laboratoire, mais il a un effet thrombogène in vivo car, en se liant aux phospholipides, il les empêche d’interagir avec les activateurs de la coagulation présents dans l’éprouvette et augmente l’adhésion et l’agrégation des plaquettes dans le sang.

Bien que décrit pour la première fois dans le cadre du LED, il se retrouve fréquemment en l’absence de cette maladie.

 

2. Anticorps anticardiolipine :

Il s’agit d’auto-anticorps dirigés dirigés contre la cardiolipine, un composant phospholipidique important de la membrane des mitochondries, isolé pour la première fois à partir de cœurs de bœuf d’où son nom.

Ces anticorps peuvent être de type IgM ou IgG (plus thrombogènes) .

- Les anticorps anticardiolipine de patients atteints de lupus et/ou de SAPL nécessitent la présence de β2-glycoprotéine 1, une protéine plasmatique circulante qui se lie aux phospholipides à charge électrique négative. C’est par son intermédiaire qu’ils se lient aux plaquettes et provoquent la formation de caillots.

- Au contraire, les anticorps anticardiolipine développés dans le décours de la syphilis ou des infections par les virus HIV et HCV ne nécessitent pas la présence de β2-glycoprotéine 1 et sont même inhibés par celle-ci.

Ils sont dosés par ELISA.

 

3. Anticorps anti-β :

Les anticorps anti-β2-glycoprotéine 1 sont dirigés contre cette protéine (ayant une grande affinité pour les phospholipides chargés négativement), et non contre les phospholipides eux-mêmes.

La β2-GP 1 jouant un rôle dans la coagulation et l’immunité, les anticorps entraînent des perturbations dans ces systèmes.

Les anticorps anti-β2 GP1, notamment de type IgG, sont potentiellement thrombogènes.

Ils sont dosés par ELISA.
 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Date de dernière mise à jour : 12/12/2019