Prélèvement cytologique

La technique de prélèvement varie selon qu'il s'agit d'une tumeur intramammaire, d'un écoulement mamelonnaire ou bien d'une lésion superficielle de la zone aréolaire.

 

1. Ponction à l'aiguille fine d'un nodule palpable (cytoponction) :

Il s'agit d'un geste simple peu douloureux.

Elle doit accompagner toute masse perçue cliniquement. Elle a l'avantage, par un geste simple, bien toléré par les patientes, de différencier les formations tumorales liquidiennes des formations tumorales solides.

Elle permet de vider les formations liquidiennes et d'obtenir un frottis cellulaire en cas de nodule solide.

Elle peut être pratiquée aussi sur une adénopathie.

Elle peut être réalisé au cabinet du praticien, plus rarement par l'anatomopathologiste lui-même.

Le matériel comporte une seringue en plastique ou en verre parfaitement étanche de 20 ml, permettant une aspiration puissante, des aiguilles de 6 à 8/10è de mm de diamètre, des lames propres et des flacons stériles.

Pour la ponction d’une masse solide, sur une patiente en décubitus, et après désinfection soigneuse de la peau, on saisit la tumeur entre deux doigts de la main gauche, puis on enfonce avec l’autre main l’aiguille, préalablement montée sur la seringue. Le contact tactile de l’aiguille avec la masse tumorale est en général bien perçu. On peut alors, par une simple traction sur le piston créer une pression négative.

‑ en cas de tumeur solide : aucun liquide n'apparaît dans la seringue. Après une aspiration intense, on laisse revenir la pression à la normale dans la seringue avant de retirer l’aiguille. On sépare ensuite aiguille et seringue, on remplit celle-ci d’air, on y refixe l’aiguille et on projette le contenu de cette dernière sur des lames.

. Le produit recueilli sur lame est immédiatement étalé à l’aide d’une autre lame, de façon homogène et d’un seul trait comme pour un frottis sanguin. On utilisera si possible plusieurs lames.

. Pour la fixation, on peut tremper la lame dans un mélange à parties égales d'alcool et d'éther, ou bien utiliser un fixateur tout préparé présenté en spray (laque) ; elles peuvent aussi être séchées à l’air (selon l’avis du pathologiste référent).

. Les lames sont soumises aux colorations usuelles (hématoxyline-Shorr, Papanicolaou, May-Grünwald-Giemsa) et éventuellement aux colorations spéciales (PAS, Soudan…), mais il peut être utile de pratiquer immédiatement après la fixation, une coloration rapide (10 minutes) au "bleu de toluidine" qui permet de vérifier sur place que le matériel prélevé est bien significatif.

‑ en cas de tumeur à contenu liquidien : on aspire dans la seringue un écoulement, le plus souvent jaunâtre ou brunâtre, parfois sanglant, qu'on recueille dans un flacon stérile, sans déplacer l'aiguille. Lorsqu'on a évacué entièrement le liquide, on vérifie que la masse tumorale a totalement disparu à la palpation.

Le liquide est placé dans un flacon dans lequel on ajoute un anticoagulant s’il est hématique. Ce flacon peut être conservé tel quel dans un simple réfrigérateur et expédié au laboratoire de cytologie sans additif chimique. Les frottis sont réalisés à partir du culot de centrifugation.

Rem : Lorsque le liquide est évacué et qu’une masse résiduelle persiste au palper, une nouvelle ponction doit être réalisée.

La cytoponction est dans l'incapacité de préciser le caractère in situ ou infiltrant d'un prélèvement tumoral malin du fait de l'absence d'architecture tridimensionnelle du matériel obtenu.

Les complications de la cytoponction sont rares, il s'agit essentiellement d'hématomes et d'infections.

Quant au danger d'essaimage en cas de tumeur maligne, il est actuellement innocenté par des travaux expérimentaux.

On doit respecter quelques précautions techniques : ne pas transpercer la tumeur et ne pas provoquer de mouvement de refoulement du piston de la seringue que l'on doit au contraire maintenir en aspiration  continue.

Ce type d'examen n'est pas très performant dans les cancers de petite taille, les formes riches en stroma, les formes hautement différenciées d'adénocarcinomes, les carcinomes intrakystiques et les formes inflammatoires.

Rem : La ponction à l'aiguille fine d'un nodule infraclinique se fait soit sous contrôle et guidage échographique, soit sous repérage radiographique stéréotaxique.

 

2. Cytoponction des adénopathies palpables :

Elle permet de confirmer leur atteinte métastatique.

 

3. Cytologie des écoulements mamelonnaires : 

La cytologie des écoulements mamelonnaires ou du produit de grattage en cas de maladie de Paget permet d'en affirmer la nature maligne :

- L’écoulement mamelonnaire doit être recueilli sur lames. S’il est spontané, seules les dernières gouttes suffisent ; s’il est provoqué, la totalité est indispensable. 

- Le grattage de la plaque aréolaire est effectué lorsqu’on suspecte une maladie de Paget. Le prélèvement se fait avec un vaccinostyle ou une spatule en bois. Lorsqu’il existe une croûte, il faut l’enlever puis gratter légèrement.

 

4. Valeur de l’examen cytologique :

- C'est un examen dont les performances dépendent grandement de l'opérateur ; sa sensibilité peut aller jusqu'à 94 % pour un opérateur chevronné et sa spécificité de 96 à 99 %.

. Les faux positifs représentent 3 % des cas environ.

. Les faux négatifs représentent environ 10 % des cas.

. Les frottis douteux représentent 15 % des cas.

La cytologie parait donc un moyen de diagnostic efficace, avec une concordance dans près de 75 % des cas.

Le faible pourcentage de faux positifs confère au diagnostic de malignité une valeur incontestable.

Le pourcentage relativement élevé de cancers méconnus ne donne au diagnostic de bénignité qu'une valeur de suggestion qui devra être confrontée avec les autres données du bilan.

La cytoponction est insuffisante à la prise de décision ; elle est remplacée en dehors de la ponction des kystes par les microbiopsies.

 

- La fiabilité du diagnostic cytologique d’écoulement mammaire est loin d’être aussi bonne que pour les tumeurs solides. Lorsque l’écoulement est isolé et sans tumeur palpable, la fiabilité ne dépasse pas 50 %.

Une cytologie négative n'a pas de valeur diagnostique et ne doit pas faire stopper les explorations complémentaires en cas de doute clinique.

La cytologie a donc ses limites ; mais les risques d’erreurs peuvent être minimisés si l’étude cytologique est confrontée aux données cliniques et radiologiques.

 

LA COMBINAISON DU CYTODIAGNOSTIC AVEC LA CLINIQUE ET LA MAMMOGRAPHIE (TREPIED CYTO-RADIO-CLINIQUE) PERMET UNE APPROCHE DIAGNOSTIQUE FIABLE A 90 %.

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Date de dernière mise à jour : 22/12/2018