Dispositifs intra-utérins ou DIU

A l'heure actuelle, l'imagerie échographique permet de répondre à la plupart des questions que se posent les cliniciens devant une anomalie symptomatique chez une femme porteuse d'un stérilet.

Si l'abord abdominal suffit le plus souvent, la voie vaginale, en permettant une meilleure appréciation des rapports intimes entre dispositif intra-utérin (DIU) et endomètre, donnera des informations supplémentaires dans quelques cas particuliers.

 

1. Stérilet en position normale :

Les trois caractères fondamentaux topographiques du stérilet normalement inséré dans la cavité utérine (intracavitaire, central, haut situé) s'apprécient sur les coupes sagittale, transversale et frontale.

Le stérilet est facilement identifiable, fortement échogène, il se détache franchement des tissus avoisinants. 

Cette visibilité est due non seulement à son revêtement métallique mais aussi au polymère plastique (comme en témoigne la bonne visualisation des branches transversales ou des stérilets à réservoir hormonal).

 

Nous prendrons comme type de description le stérilet au cuivre en forme de 7 ou de T, modèles les plus courants :

- En coupe longitudinale : il apparaît sous la forme d'un trait rigide hyperéchogène, dense avec cône d’ombre postérieur, remplaçant la ligne de vacuité et partant bien du fond utérin ; et dont il est nécessaire de bien préciser la limite supérieure. Celle-ci devra se situer à moins de 25 mm du fond utérin (bord externe) chez une patiente sans pathologie sous jacente du myomètre (type fibrome).

- Sur les coupes transversales : on observe dans le fond utérin la barre transversale du stérilet, puis plus bas, un écho sphérique (gros point) centro-utérin de quelques millimètres de diamètre, très dense, suivi d'une ombre acoustique postérieure typique.

Si le stérilet est parfois difficile à mettre en évidence lorsqu'il est cerné par une hyperplasie de l'endomètre ou noyé dans le trophoblaste d'une grossesse intra-utérine, l'ombre projetée facilite grandement sa recherche.

- La coupe frontale de l'utérus : lorsqu'elle est possible, permet également un contrôle de la position du stérilet : on visualisera les branches horizontales du DIU et la branche verticale grâce à un dégagement simultané des deux cornes utérines et de la cavité corporéale.

Rem : Il est à noter que les stérilets à la progestérone ne portant pas de cuivre sont plus difficiles à voir directement (car moins échogènes) et l'on est souvent obligé de s'aider des ombres portées. 

 

2. Stérilet en position anormale (migration) :

Suspectée cliniquement (disparition du fil, fil trop long), l'examen échographique permettra d’affirmer :

- une migration relativement fréquente vers le bas (le stérilet n'est alors plus efficace) : son extrémité supérieure se situe à distance du fond utérin laissant réapparaître la ligne de vacuité à ce niveau,

- une migration intramurale (plus rare) : le stérilet perforant apparaît sous la forme d'échos denses présents dans la zone myométriale et parfois même en dehors de l'utérus,

- une migration intrapéritonéale (très rare) : absence de stérilet intracavitaire ou intramural, présence d'un stérilet sur un cliché radiologique du pelvis,

- une ablation accidentelle du dispositif par la patiente elle-même, lors de l'élimination d'un tampon intravaginal par exemple, qui entraîne le dispositif avec lui (absence de stérilet aux explorations échographique et radiologique).

 

3. Situations pathologiques rencontrées :

- Association avec une grossesse :

Tout trouble du cycle, toute aménorrhée suivie ou non de métrorragies chez une porteuse de stérilet doit faire suspecter une grossesse : l'examen échographique de préférence par voie vaginale couplé au dosage immuno-enzymatique des b-HCG plasmatiques permettra d'affirmer l'existence ou non d'un sac gestationnel intra-utérin ou intratubaire et d'étudier les rapports topographiques de l'un par rapport à l'autre.

- Pathologie gynécologique associée :

Lors de signes cliniques peu spécifiques (douleurs, métrorragies), l'échographie effectuée de préférence en fin de cycle (endomètre épais) permettra d'évoquer une étiologie indépendante mais révélée par le stérilet : malformations utérines, polypes ou fibromes intracavitaires.

 

4. Diagnostic différentiel :

Une image linéaire très dense intra-utérine remplaçant la ligne de vacuité doit faire évoquer la possibilité d'un corps étranger qui, suivant le contexte, peut être une laminaire, ou un fragment de squelette fœtal en cas d'avortement tardif, un polype intracavitaire calcifié, une métaplasie ostéoïde (antécédent de curetage ou IVG) ou une synéchie volumineuse.

Il pourrait aussi s’agir d’une :

- lame aérique intracavitaire (échographie après insufflation ou hystérographie),

- atrophie endométriale.

 

En conclusion : la prescription d'une exploration échographique sera particulièrement indiquée :

- en cas de difficultés de pose,

- en cas de fils non retrouvés à l'examen au spéculum,

- en cas de pathologie associée,

- devant l'apparition de syndromes secondaires tels que : des douleurs pelviennes, des ménométrorragies, une aménorrhée suivie ou non de saignements anormaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 25/03/2020