Cytomégalovirus et grossesse

1. Fréquence :

L'infection à Cytomégalovirus humain (CMV) est la première cause des infections virales congénitales (0,4 à 2,3 %).

- Les risques d'embryofœtopathies avec des séquelles graves sont dus à la contamination in utero par voie hématogène. Ils sont variables selon qu'il s'agit d'une primo-infection maternelle du 1er trimestre de la grossesse (30 à 50 % des cas avec transmission) ou d'une réinfestation (2 % de transmission).

- Le risque de primo-infection maternelle est grand puisqu'une femme sur deux n'est pas immunisée.
 

Les femmes en contact avec des enfants (puéricultrices, crèches, institutrices) sont particulièrement à risque et un statut sérologique CMV en début de grossesse doit être pratiqué.

Une absence d'anticorps impose des précautions particulières : lavage des mains répétés, port de gant, de masque (cf prévention).

Si un cas est prouvé sur le lieu de travail, on peut proposer une éviction temporaire du premier trimestre.

 

2. Clinique :

Dans la majorité des cas, la maladie est asymptomatique chez la femme enceinte ; tout au plus, elle peut être associée à une fièvre, une asthénie ou un syndrome mononucléosique, ce qui mène rarement vers une démarche diagnostique.

 

3. Diagnostic et conduite à tenir :

- Le diagnostic de l’atteinte fœtale est affirmé par la sérologie qui recherchera des anticorps anti-CMV, la présence d'IgM prouvant l'infestation récente.

- Il sera plus souvent demandé dans le cadre de la recherche étiologique d'une pathologie fœtale, en particulier microcéphalie, calcifications intracrâniennes, choriorétinite, mort in utero.

- Aucun dépistage systématique n'est préconisé. Aucun traitement n'est envisageable.

 

4. Primo-infection en cours de grossesse :

1) Risque fœtal :

Le risque fœtal est majeur en début de grossesse.

C'est la primo-infection qui est à l'origine du risque fœtal.

L'infection est transmise au fœtus dans 30 à 50 % des cas.

Les réactivations ne semblent pas causer de problème aux fœtus.

La transmission au fœtus se fait essentiellement pas voie hématogène.

L'infection congénitale atteint donc 0,5 à 1 % des nouveaux-nés. Parmi ceux-ci, 90 % naissent normaux, bien que contaminés. Mais 10 % d'entre eux présenteront plus tard des séquelles nerveuses ou sensorielles. Elles apparaîtront avant 2 ans.
 

Une fois sur 10, les conséquences seront sévères : mort in utero (MIU) et/ou lésions sévères telles que :

- microcéphalie ;

- calcifications périventriculaires ;

- hydrocéphalie ;

- choriorétinite (15 %)

- hypotrophie ;

- purpura, ictère (80 %), 

- hépatosplénomégalie.

On note une prématurité (dans 30 à 50 % des cas).

5 à 15 % des enfants présenteraient des séquelles neurosensorielles tardives (surdité ++).
 

2) Diagnostic de l'atteinte fœtale :

Il se pose dans le cadre de la recherche d'une étiologie à une fièvre maternelle ou dans le cadre de l'exploration d'une anomalie fœtale découverte à l'échographie.

· Dans le sang fœtal (PSF) : recherche d'IgM anti-CMV, recherche du virus par culture, méthode PCR.

Signes non spécifiques : thrombopénie…

· Dans le liquide amniotique : détection du virus.

NB : Même si l'on peut objectiver une infection fœtale (par recherche du virus dans le liquide amniotique par amniocentèse), elle n'est pas la preuve d'une atteinte congénitale.
 

3) CAT devant une séroconversion maternelle :

Méthodes d’évaluations de l'état fœtal mises en route. Trois situations :

a- Echographie normale et prélèvements ovulaires négatifs : rassurer tout en poursuivant la surveillance.

b- Echographie ayant détecté des anomalies et prélèvements ovulaires positifs : l'interruption de la grossesse peut être proposée.

c- Echographie normale et prélèvements ovulaires positifs : pronostic impossible. Devenir en cours de grossesse et en période post natale imprévisible.

Se souvenir que 10 % des enfants nés indemnes vont développer des séquelles neurosensorielles avant l'âge de 2 ans.

 

5. Réactivation d'infection ancienne :

Comme dans l'herpès, elle est généralement asymptomatique et la transmission au fœtus serait observée dans moins de 3 % des cas.

 

6. Prévention :

La prévention : les populations les plus exposées sont celles des professions de santé et celles en contact avec les enfants.

Le faible taux de primo-infections vraies, ainsi que l'absence de moyens performants de pronostic et de traitement de l'infection congénitale à CMV, n’incitent pas, actuellement, à proposer un dépistage sérologique systématique.

« Des études prospectives à la recherche de marqueurs pronostiques de l'infection, ou de nouveaux acquis concernant le traitement sont un préalable indispensable à la mise en place d'une politique de dépistage. »

 

 

 

 

 

Note destinée à toutes les femmes enceintes qui vivent au contact des enfants en bas âge avec sérologie CMV négative en début de grossesse :

- dans les crèches ;

- toutes les puéricultrices, assistantes maternelles…;

- les institutrices ;

- les infirmières et personnel féminin en pédiatrie ;

- les infirmières et personnel féminin en gériatrie (élimination urinaire du CMV) ;

- et toutes les femmes qui ont un bébé à la maison.

 

Madame,

L'analyse de votre sang a montré que vous n'étiez pas protégée contre le cytomégalovirus (CMV) et il faut éviter de contracter cette infection en cours de grossesse ce qui serait sans gravité pour vous-même, mais pourrait être dangereux pour l'enfant.

Un tiers des enfants en bas âge sont porteurs de ce virus et peuvent donc vous contaminer par leurs sécrétions buccales, nasales, lacrymales mais également par leurs urines.

 

AFIN DE PROTÉGER VOTRE FUTUR ENFANT, pour éviter d'être contaminée par le virus CMV, prenez chaque jour les précautions suivantes :

1) Lavez-vous les mains soigneusement :

- avant et après avoir changé votre bébé,

- jetez rapidement les couches souillées d'urines.
 

2) Lavez à grande eau son pot :

- tous les jours soit avec des gants, soit par une autre personne avec de l'eau bouillante ou un désinfectant.
 

3) Pour les  repas :

- utilisez des couverts séparés pour vous et pour votre enfant,

- ne goûtez jamais ses repas avec sa cuillère,

- ne goûtez jamais son biberon,

- déposez une goutte de lait sur le dos de votre main suffit pour tester sa température.
 

4) Eviter tout contact avec ses secrétions :

- n'embrassez jamais votre bébé sur la bouche,

- évitez de même le contact de votre bouche avec ses secrétions nasales et ses larmes.

 

En conclusion surtout :

LAVEZ-VOUS LES MAINS APRES CHAQUE CHANGE ;

Evitez de l'embrasser sur la bouche ;

Utilisez des couverts séparés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 11/11/2019