Hépatite et grossesse

L'hépatite virale aiguë est la principale cause d'ictère en cours de grossesse (environ 40 % des cas).

Des quatre virus rendus responsables d'hépatites, les virus B et C sont avec certitude transmis de la mère à l'enfant.

 

1. Hépatite B :

Le dépistage est obligatoire au 6ème mois de grossesse (en France).
 

1) Fréquence :

Le risque de transmission, quasi-inexistant en cours de grossesse, est variable à l'accouchement selon :

- la prévalence variable des porteuses chroniques d'Ag HBs (0,1 à 3,5 %) dans la population ;

- le degré de contagiosité des porteuses chroniques :

. 90 % pour les mères Ag HBs, Ag HBe+ ;

. 10 à 20 % si l'on considère l'ensemble de la population des mères Ag HBs+.

Si le risque existe pour une mère porteuse de l'antigène HBs, il existe aussi lors d'une forme d'hépatite aiguë au cours de la grossesse.
 

2) Risques en cours de grossesse :

a) Pour la mère :

- Habituellement, l'évolution de l'hépatite est bénigne, avec une symptomatologie fruste.

- Une note cholestatique prononcée est possible en cas d'atteinte tardive (8ème ou 9ème mois de grossesse).

- Des formes sévères sont constatées souvent dans les pays en voie de développement.

- La grossesse ne favorise pas l'évolution vers une forme chronique.
 

b) Pour le fœtus :

Si l'atteinte est précoce (1er trimestre de grossesse), il n'y a pas d'augmentation notable du taux de malformations congénitales ou d'avortements. Il n'y a pas d'indication à l'avortement thérapeutique.

Plus tardivement et en particulier dans le courant du 3ème trimestre, il y a une augmentation de la morbidité avec risque de prématurité (environ 20 % des cas).

Le principal risque de l'hépatite B reste celui de la transmission materno-fœtale, qui est d'autant plus grand que l'infection est proche du terme, ou que la femme est porteuse d'antigènes HBs lors de l'accouchement (dans ces cas-là, 70 à 80 % des nouveau-nés sont atteints) :

- la contagiosité varie selon l'immunité HBe de la patiente :

. si antigènes HBe négatifs et anticorps HBe négatifs : risque évalué à environ 30 % ;

. si antigènes HBe positifs : risque évalué à environ 90 % ;

. si anticorps HBe positifs : risque semblant à peu près nul ;

- le risque de cette transmission materno-fœtale périnatale réside dans la possibilité d'évolution vers la cirrhose ou le cancer primitif du foie pour 40 % des nouveau-nés porteurs chroniques précoces, mettant en jeu le pronostic vital de l'enfant, à long terme, d'autant plus traître que les nouveau-nés sont souvent asymptomatiques.
 

3) Traitement préventif de l'hépatite B néonatale :

Il est irréaliste de séparer ou de contre-indiquer l'allaitement, l'enfant se contaminant de toute façon lors de son retour dans la famille.

Il faut donc assurer une protection d'emblée maximale et durable par sérovaccination.

Bien sûr, toutes ces précautions sont inutiles si la mère est correctement vaccinée contre l'hépatite B.

 

2. Hépatite C :

Dernière découverte parmi les hépatites non A-non B, le virus de l'hépatite C (VHC) a été identifié.

- Souvent asymptomatique et anictérique (neuf fois sur dix), elle nécessite un dépistage systématique dans les groupes à risque :

. antécédents de transfusion ;

. entourage d'un malade ayant eu une hépatite C ;

. sujets toxicomanes.

- Sa sérologie (anticorps anti-VHC) a été récemment commercialisée.

- Son risque, comme pour l'hépatite B, est l'évolution sous forme chronique (avec cirrhose dans 20 % des cas).

- Le fœtus est exposé à la transmission materno-fœtale (taux en cours d'évaluation).

- Il n'existe pas de vaccin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 04/11/2019