Chorioamniotite

1. Symptomatologie :

L’infection intra-amniotique (ex-chorioamniotite) se définit par inflammation aigüe des membranes et du chorion placentaires.

Elle se manifeste par une hyperthermie > 38°C associée à au moins 2 des signes suivants :

- utérus douloureux (ou CU douloureuses, ou mise en travail spontané),

- liquide amniotique purulent,

- tachycardie fœtale > 160 bpm.

 

2. Aspects cliniques :

1) Physiopathologie :

- Infection polymicrobienne typiquement causée par des micro-organismes vaginaux ascendants après rupture des membranes ou suite à des examens vaginaux.

- Patientes avec membranes intactes : des petits mycoplasmes fastidieux [Ureaplasma spp. et Mycoplasma hominis (colonisent le tractus génital inférieur de plus de 70 % des femmes)] peuvent également monter et causer une infection.

- Rarement due à une dissémination hématogène transplacentaire de pathogènes (surtout Listeria monocytogenes).

- Survient aussi après une amniocentèse, une transfusion intra-utérine ou un échantillonnage sanguin ombilical percutané.

Cette agression microbienne peut être responsable de pneumonie, d'otite, de méningite, d'infection cutanée et de septicémie néonatale.
 

2) Facteurs de risque :

- Durée prolongée de l’accouchement (après rupture des membranes ou non),

- nulliparité,

- surveillance fœtale interne (présence d’électrodes sur le scalp),

- touchers vaginaux multiples,

- présence de méconium dans le liquide amniotique,

- tabagisme ou abus d’alcool, de drogues ou de substances toxiques,

- immunodépression maternelle,

- colonisation par streptocoques du groupe B (Streptococcus agalactiae) ou Ureaplasma urealyticum, vaginose bactérienne, IST.

NB : Le rôle de Mycoplasma spp. et Ureaplasma urealyticum dans le cours défavorable de la grossesse est de plus en plus accepté. Cependant, la seule présence de ces organismes pourrait être insuffisante pour causer des problèmes. Leur présence en combinaison avec d'autres conditions (telles que la vaginose bactérienne et la béance cervicale) pourrait être requise pour induire une chorio-amniotite et un accouchement prématuré.

 

3. Pathogènes impliqués :

En général, infection polymicrobienne (> 65 % des cultures de liquide amniotique positives démontrent plus de 2 germes pathogènes).

- Ureaplasma urealyticum (40 à 50 % des cas confirmés par culture).

- Mycoplasma genitalium (30 à 35 % des cas confirmés par culture).

- Mycoplasma hominis (30 à 35 %).

- Anaérobies [± 30 % des cas (surtout Bacteroides spp.)].

- Gardnerella vaginalis (± 25 %).

- Streptocoques du groupe B [Streptococcus agalactiae (± 15 %)].

- Entérobactéries (E. Coli, Klebsiella) (± 10 %).

- Streptocoques du groupe A (Streptococcus pyogenes).

- Rarement causée par :

. Clostridium perfringens (peut provoquer une hémolyse intravasculaire fulminante).

. Listeria monocytogenes,

. Candida spp. (facteurs de risque : diabète, drépanocytose, dispositif intra-utérin laissé en place, immunodépression).

. des virus tels que Herpes simplex virus [infection ascendante chez des patients avec herpès génital récidivant (avec ou sans lésions génitales au moment que les virus montent)] ou Cytomégalovirus humain (dissémination hématogène chez des femmes avec infection primaire).

 

4. Diagnostic positif :

L'infection amniotique se manifeste par une fièvre maternelle (température > 38°C) associée à au moins 2 des signes suivants :

- utérus douloureux (ou entrée en travail spontané),

- écoulement vaginal purulent,

- des signes de souffrance fœtale (tachycardie > 160 bpm).
 

■ Il est rare actuellement d'être confronté à cette infection patente.

Dans ce cas, l'enquête bactériologique maternelle et fœtale met en évidence le germe en cause.
 

■ Le plus souvent, il s'agit d'une infection latente et l'enquête bactériologique systématique au moment de la rupture des membranes éventuelle ne pourra trancher entre infection vraie et contamination. Toutefois le compte de germe doit permettre de mieux estimer le risque infectieux.

 

AVANT LA NAISSANCE :

Les prélèvements sont réalisés au moment de la rupture :

- au niveau du vagin (PV),

- le canal endocervical

- et sur les urines.

On a reproché à ces prélèvements d'être inévitablement souillés par la flore vaginale.

 

A LA NAISSANCE :

- un frottis amniotique réalisé à distance du point de rupture,

- l'examen histologique du cordon et du placenta,

- et les prélèvements de l'enfant (liquide d'aspiration nasopharyngé et gastrique, orifices, hémocultures) complètent l'enquête bactériologique systématique.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 15/02/2020