Contraception et maladies auto-immunes

1. Pathologies intestinales inflammatoires :

En cas de maladie de Crohn ou de rectocolite hémorragique, il est recommandé que la grossesse soit planifiée à des phases ou la maladie est contrôlée et/ou des médicaments potentiellement tératogènes ont été arrêtés.

Une contraception efficace est recommandée en cas d'utilisation du méthotrexate et jusqu'à 3 mois après son arrêt.

Il est important de pouvoir planifier la grossesse lors d'une phase de quiescence de la maladie car un tiers des femmes ayant une maladie inactive auront une poussée lors de la grossesse et la moitié de ces femmes auront une aggravation de leur maladie intestinale pendant la grossesse en plus d'un risque augmenté d'avortement, de prématurité et d'enfant de faible poids de naissance.

Il y a des raisons théoriques pour douter de l'innocuité et de l'efficacité de la contraception hormonale chez la femme atteinte d'une maladie inflammatoire de l'intestin (colite ulcéreuse du colon et du rectum et iléite terminale de Crohn) : risque d'augmentation des poussées de la maladie intestinale et de thrombose, malabsorption qui pourrait nuire à l'efficacité contraceptive puisque les estroprogestatifs combinés sont absorbés dans le grêle.

>>> Implants ou DIU au lévonorgestrel et contraception progestatives par voie extradigestive sont le premier choix contraceptif.

La prescription d'un DIU doit être prudente en raison du risque infectieux lié aux immunosuppresseurs au long cours.

Les estroprogestatifs ou les progestatifs ne sont pas à proposer en première intention en raison du risque thromboembolique.

 

2. Lupus érythémateux disséminé et syndrome antiphospholipides :

Le lupus érythémateux disséminé est une maladie auto-immune qui touche de nombreux organes et atteint des femmes jeunes.

L'effet délétère de la grossesse sur ce terrain est bien établi, surtout en cas d'atteinte rénale et la contraception est donc nécessaire pour planifier les grossesses en dehors des poussées et à un moment où les médicaments potentiellement tératogènes ont été arrêtés. Mais elle reste débattue dans ses modalités.

Du fait de l'effet néfaste des grossesses entraînant des poussées de la maladie, il semble logique d'incriminer l'estradiol ou la progestérone. On sait le rôle thrombogène de l'EE de la pilule chez des femmes qui ont déjà un risque accru du fait d'anticoagulants circulants.
 

La contraception orale estroprogestative est contre-indiquée en raison du sur risque thrombotique (Np4).

>>> Si une contraception hormonale est souhaitée, on peut prescrire les microprogestatifs ou les dérives norprégnanes : nomégestrol (Lutényl ®), promégestone (Surgestone ®), chlormadinone (Lutéran ® 5 mg, 2 cp/j, 21 j/mois) ou l'Androcur ® (1 cp/j pendant 21 j). Des thromboses sont possibles. 
 

L'utilisation de DIU au cuivre ou au lévonorgestrel a été proposée chez ces femmes. L'évolutivité et l'activité de la maladie ne semblent pas augmentées par ce mode de contraception chez ces femmes sans antécédent de thrombose veineuse. Il n'y a pas non plus d'effets secondaires.

 

3. Autres pathologies "auto-immunes" :

La sclérose en plaques, la myasthénie, le syndrome de Gougerot-Sjögren, la polyarthrite rhumatoïde permettent d'utiliser toutes les contraceptions.

La prudence doit être de mise pour la prescription de DIU en raison du risque infectieux possible associé aux immunosuppresseurs, ou aux anti-inflammatoires au long cours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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