Sérologie chlamydienne

C'est l'examen clé du dépistage des chlamydioses profondes. Le portage dans le col en l'absence de traitement a une durée encore mal estimée mais sans doute courte (quelques semaines) alors que la sérologie est un marqueur définitif de l'atteinte, de grande valeur chez les sujets jeunes dont l'infection a des chances d'être récente. 

Cependant, comme pour toute maladie, la réaction immunitaire varie considérablement d'un patient à l'autre.

Dans un tableau de salpingite aiguë, la sérologie doit s'interpréter sur deux sérums prélevés à un mois d'intervalle.

Elle a de grandes chances d'être évolutive s'il y a infection chlamydienne récente. Elle comporte le dosage des IgG, IgA et sur demande spécifique, des IgM.

 

1. Titrage des IgG sériques anti-C. trachomatis :

La méthode de référence est la micro-immunofluorescence (MIF) sur corps élémentaires, adaptée de la technique de Wang et Grayston, qui détecte en majorité des antigènes d'espèce : elle est précise mais longue et coûteuse. Les anticorps sont le plus souvent titrés en MIF selon une méthode simplifiée, par rapport à des corps élémentaires d'une souche de type L2 produisant des anticorps réagissant avec tous les sérovars D à K : il s'agit pour 80 % d'anticorps d'espèce (trachomatis) et pour 20 % d'anticorps de genre, qui peuvent être dus à C. psittaci (exceptionnel chez l'homme) ou à C. pneumoniæ (environ 20 % de la population). Il convient donc en cas de positivité, de titrer en parallèle les anticorps contre C. pneumoniæ au moyen d'un antigène spécifique de cette espèce sur corps élémentaires.

 

2. Comment interpréter la positivité en IgG :

Les IgG apparaissent plus lentement que les IgA et les IgM : elles peuvent être négatives, tout au moins au début.

Elles augmentent vers la 2ème ou 3ème semaine et persistent quelques mois, voire des années : il s'agit d'anticorps "cicatriciels" qui demeureront positifs indéfiniment dans la plupart des cas. Leur persistance ne veut donc pas dire absence de guérison.

Un traitement précoce peut bloquer leur ascension ou en faire diminuer le taux de façon significative.

Il a été montré statistiquement qu'un taux supérieur ou égal à 1 sur 64 en MIF est lié à la pathologie tubaire.

Chez un sujet suivi régulièrement, une positivité nouvelle signe la primo-infection.

Dans une salpingite aiguë, le taux d’IgG peut être soit stable, soit évolutif. Un taux évolutif sur deux sérums prélevés à quelques semaines d'intervalle est en faveur d'une infection récente mais il faut savoir que le taux pour un même sérum peut varier d'un laboratoire à l'autre et pour un même laboratoire d'une période à une autre, en raison de variations de sensibilité de l'antigène ; on peut dire qu'il y a évolutivité entre deux sérums seulement s'ils ont été étudiés le même jour en parallèle par le même laboratoire et si la différence porte sur deux dilutions, par exemple : passage de 1 sur 64 à 1 sur 246 ou davantage. Il est donc souhaitable que le laboratoire aliquote les sérums en plusieurs tubes pour les garder congelés et pouvoir ensuite les étudier sans les soumettre à de nombreuses décongélations successives.

 

 

INTERPRETATION DE LA SEROPOSITIVITE DE CHLAMYDIA TRACHOMATIS.

IgG = anticorps sériques cicatriciels.

Peuvent être évolutifs. Demeurent toujours positifs.

On dit qu'il y a évolutivité s'il existe une différence de 2 dilutions sur 2 sérums prélevés à 6 semaines d'intervalle, testés le même jour par le même laboratoire.

IgG : 1/64 - 1/128 = idem.

        1/64 - 1/246 = évolution.

IgA = anticorps tissulaires qui passent dans le sérum. Sont positifs longtemps après la guérison.

IgM = anticorps liés à la présence récente de l'antigène.

Le laboratoire doit garder le sérum divisé en 5 tubes de 1 ml plutôt qu'en un tube de 5 ml, ce qui évite des décongélations successives : les IgM, très labiles, ne résistent pas à plusieurs décongélations.

 

3. Dosage des IgM et IgA sériques :

Leur dépistage, technique délicate, peut se faire par deux sortes de méthodes :

- Micro-immunofluorescence sur corps élémentaires spécifiques de C. trachomatis : la mise en évidence des IgM est difficile et le plus souvent négative. La mise en évidence des IgA est plus facile.

- Techniques utilisant des inclusions totales de Chlamydia : immunofluorescence ou immunoperoxydase. La réaction est plus sensible, plus facile à lire par ces méthodes, mais non spécifique d'espèce. Les IgM dépistées peuvent éventuellement être dues à C. pneumoniæ qu'il faudra éliminer ensuite par une réaction spécifique d'espèce.

 

a) Interprétation de la présence d’IgM :

Les IgM sont des anticorps labiles qui apparaissent en quelques jours. Elles sont le témoin d'une infection active et ne sont en règle positives que lors d'une primo-infection pour les maladies virales immunisantes, mais peuvent l'être chaque fois qu'il y a réinfection pour certaines maladies bactériennes non immunisantes, comme les chlamydioses.

Leur disparition en moins de 3 mois serait un bon argument d'efficacité thérapeutique.

Seules les IgM sont liées de façon significative à l'évolutivité d'une chlamydiose et leur évolution suit de près celle de la maladie.

 

b) Interprétation de la présence d’IgA :

Les IgA sont des anticorps d'origine tissulaire, qui passent secondairement dans le sérum où ils peuvent être titrés. 

Elles sont retrouvées avec la même fréquence dans les salpingites aiguës et chroniques (64 % et 55 % respectivement).

Il a été montré que leur présence au seuil de positivité est liée à la pathologie tubaire, qu’il s’agisse de salpingite aiguë, chronique, ou de GEU.

Ces anticorps persistent plusieurs mois après la guérison et ne peuvent être considérés comme un critère d'évolutivité ; leur présence en l'absence d'IgM s'accompagne cependant de cultures pelviennes positives dans 5 % des cas. Il est difficile de savoir si ces immunoglobulines A sont témoins d'un état inflammatoire persistant après disparition de l'antigène, ou de la persistance de l'antigène altéré et non recouvré en culture. Elles sont cependant le reflet d'une intense réaction tissulaire locale.

 

4. Conclusion sur la sérologie de C. trachomatis :

Les arguments fournis par les sérologies chlamydiennes en faveur d'une SALPINGITE AIGUË sont :

- d'une part une positivité du taux d’IgG et d’IgA, et l'évolutivité de ce taux sur deux sérums, quelle que soit la méthode utilisée,

- d'autre part, la simple présence d’IgM (mais leur mise en évidence n'est réalisée que par de rares laboratoires).

Par ailleurs, la possibilité de sérologie positive chez des sujets témoins non malades, souligne l'importance de la mise en évidence de la bactérie par culture cellulaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 21/06/2018