Germes responsables des infections génitales

1. Bactéries :

1) Gonocoque :

Neisseria gonorrhœæ est un cocci à Gram négatif fragile rendant sa culture difficile.

Il est actuellement retrouvé dans 10 à 15 % des salpingites aiguës dans les pays occidentaux, 30 à 40 % dans les pays en voie de développement. La pathogenèse des infections gonococciques n'est pas encore parfaitement élucidée, mais on sait que la capacité de ce micro-organisme à envahir les muqueuses urétrales et endocervicales est liée à l'adhésion du gonocoque à ces muqueuses par des protéines de surface de la membrane externe et surtout par des pili, lesquels, par leur région hydrophobe, viendraient adhérer aux récepteurs de la couche lipidique membranaire des cellules épithéliales.

La propriété d'envahir l'épithélium cylindrique endocervical peut s'expliquer par :

- l'élaboration de protéases capables de disloquer les jonctions intercellulaires, d'altérer les membranes cellulaires et d'avoir une action antimucus,

- l'action antiphagocytaire des pili,

- la résistance à la présence d'enzymes destructives intracellulaires.

A partir de l'endocol, le gonocoque se propage vers l'utérus et les trompes de proche en proche, l'infection éclatant le plus souvent de façon brutale.

Après avoir atteint les trompes, le gonocoque adhère aux cellules sécrétoires de l'épithélium tubaire et les pénètre pour envahir les tissus sous-épithéliaux, libérant sans doute différents facteurs toxiques lesquels expliquent l'altération précoce des cellules ciliées.

La qualité des prélèvements endocervicaux est d'une grande importance. Il faut utiliser un milieu de transport adapté.

L'examen direct des prélèvements (coloration de Gram) est nécessaire mais insuffisant car peu sensible dans les infections féminines.

La culture reste la méthode de choix permettant de mettre en évidence la bactérie et de tester sa sensibilité aux antibiotiques, étude indispensable en raison du développement de résistances aux bêta-lactamines et aux tétracyclines.

L'utilisation d'anticorps polyclonaux et surtout monoclonaux a permis la mise au point de tests rapides soit par ELISA soit par immunofluorescence. Ces méthodes ne sont pour le moment ni assez spécifiques, ni assez sensibles pour être utilisées directement sur les prélèvements.

L'avenir est peut-être à la biologie moléculaire : la PCR ("polymerase chain reaction") est en voie d'évaluation.

Cependant, l'émergence de nombreuses souches résistantes aux antibiotiques appuie la nécessité des cultures.

 

2) Chlamydia trachomatis : Cf chapitre spécial.

 

3) Mycoplasmes :

Mycoplasma hominis et Ureaplasma urealyticum représentent des cas particuliers parmi les bactéries car ils n'ont pas de paroi et ne peuvent donner lieu à des phénomènes d'hypersensibilité retardée. Ces deux mollicutes appartiennent à la flore commensale vaginale et peuvent cependant provoquer des infections (salpingites, particulièrement du post-partum). Cependant, aucun modèle animal n'a permis d'affirmer qu'ils pouvaient provoquer des lésions définitives des trompes et en particulier une stérilité. Ils sont retrouvés dans 15 % des salpingites à partir de prélèvements pelviens, mais il est difficile de dire s'ils se comportent comme un starter ou comme des agents opportunistes.

 Il faudra tenir compte, dans l'interprétation, d'un ensemble d'arguments : site anatomique d'isolement, nature du mycoplasme, notion quantitative, circonstances cliniques.

- Si l'isolement d'Ureaplasma urealyticum à partir d'un prélèvement vaginal n'a pas de signification, il n'en est pas de même pour une biopsie d'endomètre. La quantité de mycoplasme obtenue en culture a, elle aussi, une certaine importance bien qu'il n'existe pas, contrairement aux prélèvements urétraux masculins, de seuil quantitatif précis.

- La présence de Mycoplasma hominis en quantité importante dans un prélèvement cervico-vaginal devra attirer l'attention. La notion de pathologie obstétricale, d'infection génitale haute devra également être prise en compte.

La sérologie théoriquement intéressante, n'est pas à recommander dans l'état actuel des techniques disponibles.

 

4) Gardnerella vaginalis : Cf chapitre des vaginoses.

 

5) Bactéries anaérobies :

Les anaérobies sont souvent associées à des infections du tractus génital bas de la femme (bartholinite, vaginite) et du tractus génital haut. Ils proviennent de la flore endogène du vagin et de l'intestin.

Les espèces rencontrées sont nombreuses : peptostreptocoques, Bacteroides et Clostridium.

Les anaérobies sont le plus souvent isolés en association avec d'autres espèces bactériennes.

Le succès de l'isolement des anaérobies repose sur la technique de prélèvement qui doit éviter tout contact du produit pathologique avec l'oxygène de l'air. Il devra être mis en culture le plus rapidement possible sur des milieux adaptés.

 

2. Virus :

1) Herpès génital :

L'agent responsable est l'Herpes virus simplex (HSV). Il existe 2 types : HSV1 et HSV2. Les manifestations sont communes aux deux types de virus, mais l'herpès génital est en règle dû à l'HSV2 (80 %).

L'herpès génital est une maladie virale transmise lors de l'activité sexuelle à partir de sécrétions ou de lésions génitales d'une femme saine ou symptomatique.

Le diagnostic repose sur :

. l'isolement du virus sur milieu de culture cellulaire (méthode de référence) après prélèvement au laboratoire,

. l'immunofluorescence directe sur un frottis des lésions (identification du type 2 ou 1),

. le sérodiagnostic avec séroconversion ou IgM positives en cas de primo-infection (la sérologie est rarement intéressante pour un diagnostic d'infection génitale).

 

2) Papillomavirus :

L'aspect cytologique ou histologique (koïlocyte) évoque le diagnostic de condylome.

La culture n'étant pas réalisable, seules les méthodes immunohistochimiques ou surtout les méthodes d'hybridation moléculaire, hybridation in situ, PCR permettent d'en faire la preuve et d'identifier le type viral en cause. Il existe plus de 55 types différents; les sérotypes 6, 11, 16, 18, 31, 33, 35, 39, 42 et 43 sont responsables des infections génitales.

 

3. Parasites : Trichomonas Vaginalis : Cf chapitre spécial.

 

4. Champignons (levures) :

Le genre Candida regroupe des levures filamenteuses saprophytes de la peau et des muqueuses, pouvant devenir pathogènes lors de circonstances favorisantes.

Elles sont responsables de vulvovaginites, mycose humaine la plus fréquente.

Des 80 espèces de Candida, la plus fréquemment isolée (90 %) est albicans mais on isole aussi tropicalis, pseudotropicalis, krusei, parakrusei, parasilopsis, guillermondii, stellatoïda. Le genre Torulopsis a été récemment assimilé au genre Candida et l'espèce Glabrata est isolée de plus en plus fréquemment.

Le diagnostic biologique consiste dans la découverte de levures ou filaments à l'état frais, avec ou sans potasse à 10 %, et en coloration de Gram.

La culture, indispensable, utilise les milieux de Sabouraud, où les levures poussent en 24 à 48 heures (mais parfois en plusieurs jours) à température ambiante. L'interprétation doit tenir compte de l'abondance des cultures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 16/07/2018