Vulvo-cervico-vaginite à Herpès-virus

L'herpès génital est une maladie virale transmise lors de l'activité sexuelle à partir de sécrétions ou de lésions génitales d'une persone saine ou symptomatique.

Parmi les IST les plus fréquentes, l'herpès est la première cause d'ulcérations génitales. Aidé par une anamnèse précise, le diagnostic est avant tout clinique. 

Le recours aux examens de laboratoire doit surtout servir à éliminer d'éventuels diagnostics différentiels dans les formes atypiques.

 

1. Agent responsable :

L'agent responsable est le Virus Herpes Simplex (HSV).

Il en existe deux types :

- le HSV 1 : responsable de 95 % des herpès oro-faciaux et de bon nombre d'herpès neuro-méningés et ophtalmiques ; il est aussi responsable de 20 % des herpès génitaux par contamination oro-génitale ;

- le HSV 2 : responsable de 80 % de l’herpès génital et de 5 % des herpès oro-faciaux.

Les virus HSV sont dermoneurotropes (c'est-à-dire qu'ils ciblent la peau et les tissus nerveux), tout comme le virus de la varicelle. Malgré la réponse immunitaire générée par la primo-infection, ils persisteront la vie entière, dans le ganglion de Gasser (pour les manifestations oro-faciales), et dans les ganglions sacrés (pour les manifestations anales, génitales et fessières).


La particularité de l'herpès simplex virus (HSV) est sa capacité de persistance sous forme latente dans l'organisme. Ainsi, après une primo-infection donnant souvent un tableau stéréotypé, la protection existe uniquement contre les réinfections exogènes. C'est tout le problème des récurrences, dont le déterminisme est encore mystérieux et pour lesquelles on ne connaît que certains facteurs déclenchants. Ces récidives soulèvent un problème thérapeutique non résolu.

La maladie herpétique est de gravité variable, allant de l'herpès labial à l'encéphalite herpétique, dont la mortalité spontanée est considérable (70%) et qui constitue, avec l'herpès néo-natal l'atteinte la plus redoutable. Les localisations oculaires sont également préoccupantes, représentant dans les pays occidentaux la principale cause de cécité et de greffe cornéenne.

Enfin, l'herpès est particulièrement grave lorsqu'il survient chez des sujets immunodéprimés, au cours des chimiothérapies anticancéreuses et chez les patients atteints de leucémie et de SIDA.

 

2. Rappel virologique : Cf chapitre spécial

 

3. Epidémiologie :

L'Herpes simplex virus (HSV) est un virus à acide désoxyribonucléique (ADN), fragile dont l'homme est le seul réservoir. Il en existe deux sérotypes : HSV 1 et HSV 2. Ce dernier est responsable de 80 % des herpès génitaux.
Lors de la primo infection, la contamination se fait par voie sexuelle. 
La transmission du virus peut résulter d'un contact avec un sujet présentant des ulcérations génitales ou buccales, ou avec un porteur asymptomatique. 

 

1) Fréquence :

L'herpès reste sous-diagnostiqué car souvent asymptomatique. Il est le plus souvent confondu avec une mycose ou une irritation et la crise ne durant parfois que quelques jours, les patients n'arrivent pas toujours à obtenir un rendez-vous assez tôt avec un médecin.

Les virus HSV restent parfois asymptomatiques toute une vie en restant sous forme dormante dans les ganglions nerveux. Ils peuvent aussi brutalement ou répétitivement se manifester sous des formes génitale et faciale, qui se propagent facilement entre sujets ayant des contacts intimes.

- La séroprévalence de HSV 2 est de 15 à 30 % dans la population générale, proche de 50 % chez les hétérosexuels consultant pour une IST, et de 70 % dans la population homosexuelle.
La fréquence annuelle des récurrences d'herpès génital est six fois plus fréquente que celle de l'herpès oral. 
Pour la plupart des patients, plus on s'éloigne de la primo infection, moins on rencontre de récurrences. En fait, moins de 10 % des patients auront des récurrences régulières tout au long de leur vie.

- Concernant l'infection génitale à HSV 1, l'incidence a nettement augmenté au cours des dernières années pour atteindre 15 à 30 %. La primo infection génitale est plus fruste que celle à HSV 2, le taux de récurrences annuelles y est trois à quatre fois moins élevé. 

 

2) Terrain :

L'herpès génital primaire touche essentiellement une population d'adultes jeunes et d'adolescents. La diffusion de la maladie est intimement liée à la promiscuité sexuelle.

 

3) Excrétion du virus :

Localement, les cellules épithéliales dans lesquelles le virus se multiplie sont lysées, se forment alors des vésicules riches en virions, qui sont rapidement rompues. 

Le virus va gagner les ganglions sensitifs sacrés pour y persister à l'état de latence, compatible avec la survie de la cellule hôte.

Les récurrences sont liées à la réplication de certains de ces virus qui regagnent, par voie neuronale centrifuge, l'épithélium de surface correspondant. 

Certaines situations sont reconnues comme facteurs déclenchants de la réactivation virale : émotion, infection, menstruation, rapport sexuel, traumatisme, immunosuppression. 
 

4. Pathogénie :

L’infection par HSV débute par une infection des cellules muqueuses et cutanées favorisées par des altérations du revêtement épithélial. La réplication virale entraîne la lyse de cellules infectées et l’infection des cellules nerveuses sensitives innervant le territoire concerné. 

La primo-infection génère une réaction immunitaire insuffisante pour éradiquer le virus qui reste latent dans les ganglions sensitifs durant toute la vie. Des récurrences surviennent ensuite épisodiquement avec une fréquence variable selon les individus, le statut immunitaire et le type de virus. 

L’infection par un des types viraux n’empêche pas l’infection par l’autre type, qui est alors dénommée épisode initial non primaire. 

 

5. Clinique :

1) Primo-infection génitale :

Due le plus souvent à HSV2 (90 % des cas), elle est secondaire à un rapport sexuel et frappe surtout l'adulte jeune entre 20 et 35 ans.

Ce premier épisode est brutal, il apparaît 2 à 7 jours après le contact sexuel, et se traduit par :

- l'apparition d'une vulvo-vaginite aiguë très douloureuse, associant un œdème inflammatoire des grandes et petites lèvres et une éruption vésiculeuse qui s'érode rapidement pour donner des ulcérations,

- la douleur locale est vive, aggravée par la miction accompagnée d'une leucorrhée secondaire à la cervicite,

- la femme se plaint aussi de sensation de brûlures intenses, de cuisson, de prurit,

- une fois sur deux environ, cette vulvite aiguë douloureuse s'accompagne de signes généraux (syndrome pseudo-grippal) : fièvre à 39°C, asthénie, céphalées, myalgies...

- il existe fréquemment une dysurie et parfois une rétention urinaire liées à une atteinte urétrale.

Nb : La lésion primaire évolue en quatre stades : vésicule, ulcération, croûte, cicatrisation.

 

A l'examen, on note :

- une vulve œdématiée, rouge, parsemée de vésicules groupées en bouquet, qui débordent sur le périnée et la face interne des cuisses,

- parfois ces vésicules s'érodent et se présentent comme des érosions (ulcérations) recouvertes d'un enduit purulent,

- des leucorrhées abondantes, mucopu­rulentes (traduisant une atteinte cervicale).

- moins d'une femme sur 10 présente une atteinte ano?rectale,

- en revanche, les adénopathies inguinales bilatérales doulou­reuses retrouvées dans trois quarts des cas sont évocatrices.


L'examen au spéculum est souvent impossible (primo-infection).

Sinon, il peut objectiver soit des zones érythémateuses simples, soit des vésicules sur ces zones, soit encore des ulcérations cervicales ou vaginales typiques en carte de géographie (lésions uniques ou multiples à bords irréguliers avec un liseré inflammatoire).

On peut aussi noter l'existence d'une cervicite œdémateuse hémorragique et ulcérative avec leucorrhées purulentes parfois sanglantes.

Ces lésions cervico-vaginales peuvent être iso­lées ou associées aux lésions vulvaires, anales ou périanales.

La cicatrisation progressive des ulcérations est obtenue au bout de 15 à 20 jours (délai diminué par l'emploi d'antiviraux).

 

* Diagnostic différentiel :

- des lésions ulcéreuses : chancre mou, chancre syphilitique avec lésion ulcérée et indurée, ulcération d’origine caustique, traumatique (mécanique ou physique), aphtose buccogénitale de la maladie de Behçet (qui se présente habituellement sous la forme d'ulcérations plus étendues, plus profondes et persistantes) ;  

- candidose vulvovaginales : lésions érythémateuses avec enduit blanchâtre mais peu douloureuses, non fébriles et sans adénopathies ;

- trichomonase ou gonococcie avec leucorrhées abondantes.

Un bilan bactériologique, mycologique et parasitologique s'impose au moindre doute.

 

2) Récurrence :

Il existe souvent des facteurs déclenchant la récurrence (asthénie, stress, émotions, fièvre, infection, menstruation, immunodépression, grossesse, traumatismes...) fréquemment identiques à chaque poussée pour un même sujet. 

En effet, une augmentation de la fréquence des récurrences a été constatée au cours de la grossesse, et surtout au 3ème trimestre. Par contre la grossesse ne modifie ni la sévérité ni la durée des récurrences. 

La récurrence est la caractéristique de la maladie herpétique, qui à elle seule doit faire évoquer le diagnostic.

La phase de latence est variable.

L'aspect clinique est souvent identique chez un même sujet : précédée dans les 24 heures d'une sensation de gêne, picotement, sensation de brûlure, prurit ou paresthésie, l'éruption reste localisée à une même région, périnéale ou vulvaire.

La lésion siège en général sur la zone muqueuse ou cutanée touchée lors de la primo-infection mais les lésions locales sont moins florides et plus fugaces (7 à 10 jours et parfois moins).

Des localisations à distance sont possibles (fesses, région pubienne, racine des cuisses) mais doivent faire rechercher une localisation vulvaire ou cervicovaginale associée.

Les récurrences surviennent à un rythme variable, parfois après plusieurs années.

- La lésion élémentaire est typique : elle réalise un bouquet de petites vésicules claires sur une base érythémateuse, dont la rupture précoce réalise une ou plusieurs érosions polycycliques, suintantes sur les muqueuses, croûteuses sur la peau

- Les signes généraux sont discrets ou absents et les adénopathies inguinales, comme la dysurie, ne sont retrouvées que dans un tiers des cas.

Une récidive de l'herpès génital impose un arrêt des relations sexuelles.

 

3) Formes asymptomatiques :

Elles posent à la fois un problème épidémiologique dans le cadre de la transmission des IST et diagnostique, en particulier, pendant la grossesse. Il peut s'agir, aussi bien, d'épisodes primaires que de récurrences.

Ces formes asymptomatiques semblent plus fréquentes au niveau de la vulve (deux tiers des cas) qu'au niveau du col.

 

 

Primo-infection (vulvite +++) -------- 3 semaines ------->  guérison clinique apparente -------- période de latence ------> récurrence

 

6. Complications :

Elles sont rares ; on les rencontre surtout chez la femme lors d'une primo-infection et chez le malade immunodéprimé.

- La méningite virale (aseptique) :

Les signes méningés sont inconstamment accompagnés de fièvre.

Cette méningite est bénigne, régresse spontanément en 2 à 3 jours, sans séquelles.

Elle peut récidiver lors de récurrences génitales.

- Rétention urinaire :

Elle résulte d'une part d'un certain degré de rétention volontaire en raison de la douleur à la miction et d'autre part d'une radiculomyélopathie lombo-sacrée.

Elle peut s'associer à une hypoesthésie sacrée et à une constipation.

- Erythème polymorphe :

Il peut se reproduire lors de certaines récurrences herpétiques, qu'elles soient symptomatiques ou pas.

- Panaris herpétique : secondaire à une auto-inoculation, il s'accompagne souvent d'adénopathies locorégionales.

Reconnaître l'origine herpétique d'un panaris permet d'éviter un traitement chirurgical non souhaitable.

- Endométrite, salpingite, prostatite, épididymite : survenant par extension locorégionale, elles sont rares.

- Autres complications : purpura thrombopénique, monoarthrite, conjonctivite, pancréatite, retentissement psychologique.

- Et surtout chez l'immunodéprimé : il existe un risque majeur de dissémination cutanée, muqueuse et viscérale (cerveau, poumons, foie). 

Le décès peut survenir dans un tableau soit d'encéphalite, soit d'hépatite fulminante. Le pronostic de ces formes sévères a été considérablement amélioré par les nouvelles thérapeutiques antivirales.

Le risque d'hépatite (parfois fulminante) est aussi augmenté pendant la grossesse, en particulier au cours du 3ème trimestre ; il faut y penser devant toute cytolyse inexpliquée pendant la grossesse.

 

7. Méthodes diagnostiques :

Les examens de laboratoire se basent sur deux types de prélèvements : échantillon de lésion (vésicules herpétiques), ou prise de sang.

Pour l'herpès oro-facial, l'examen clinique visuel est en général suffisant.

 

1) Diagnostic direct :

Il s'agit des différentes techniques utilisant les lésions prélevées par écouvillonnage :

a) Culture virale :

C'est la méthode de référence pour le diagnostic de l'herpès mais elle doit être pratiquée par un laboratoire spécialisé. 

Le prélèvement est ensemencé sur une culture cellulaire (fibroblastes humains, cellules de rein de singe). 

Cependant, le virus herpès étant très fragile, le diagnostic virologique nécessite une technique très rigoureuse :

- prélèvement en début de poussée : par aspiration de liquide vésiculaire ou écouvillonnage du fond des ulcérations ou des zones saines lorsque l'on recherche une excrétion asymptomatique (col utérin, vagin, face interne des petites lèvres), 

- transport rapide au laboratoire dans un milieu de survie (sérum salé équilibré de Hanks),

- inoculation aux cultures cellulaires placées à 30 °C.

L'examen au microscope recherche l'effet cytopathogène du virus. 

Elle comporte l'énorme inconvénient d'un délai de réponse de 2 à 5 jours.

La sensibilité est comprise entre 60 et 100 % et diminue en fonction du temps écoulé entre l'apparition des vésicules et le prélèvement.

b) Détection antigénique :

? Tests immuno-enzymatiques (méthode ELISA) :

Ils permettent la recherche d'antigène herpétique en le captant entre deux anticorps monoclonaux reconnaissant une protéine commune à HSV-1 et HSV-2. 

Sa sensibilité est de 80 à 90 % et sa spécificité de 85 à 95 %.

Cette technique rapide (3 h) peut être utilisée sur des prélèvements conservés plusieurs jours à sec (à 4 °C), même s'ils ne contiennent ni cellules intactes ni virus infectieux.

? Immunofluorescence directe sur un frottis des lésions (utilisation d'anticorps monoclonaux) :

La diffusion de cette technique pourrait se développer grâce à la production d'anticorps monoclonaux spécifiques (obtenus par hybridation) et ayant une haute affinité pour certains antigènes de surface. 

C'est une technique très rapide mais elle nécessite la lecture au microscope à fluorescence par un personnel spécialisé et averti.

La sensibilité est de 75 à 100 % et la spécificité de 95 %.

d) Par PCR :

La détection du génome d'HSV par polymerase chain reaction (PCR) est possible. Cette technique est applicable à des prélèvements génitaux très variés : sécrétions, vésicules, croûtes, biopsies (même sur des coupes en paraffine archivées et colorées). La PCR a une sensibilité équivalente ou supérieure à la culture.

Les délais sont de 24 à 48 heures et nécessitent un transport dans un laboratoire spécialisé.

C'est une technique très sensible et spécifique utilisable même sur un prélèvement de mauvaise qualité ou mal conservé.

Toutefois son coût élevé empêche son utilisation en routine.

Nb : Pour les formes asymptomatiques : leur diagnostic est uniquement biologique par mise en évidence du virus dans les sécrétions cervicales.

 

Pour détecter le virus, il est recommandé de privilégier la PCR à la culture et à la détection antigénique.

Prélèvements à effectuer avant toute utilisation d’antiseptique ou désinfectant.

 

2) Sérologies :

La sérologie herpétique est principalement indiquée si l’examen direct est négatif et en l’absence de lésions. 

Après une 1ère exposition à HSV, les IgG spécifiques se positivent en 2 semaines à 3 mois après la survenue des signes cliniques et persistent à vie.

La recherche d’IgM n’a aucun intérêt dans le diagnostic de l’herpès génital maternel.

Pas de place pour la sérologie chez le nouveau né car les IgG retrouvées seront celles transmises par la mère et les IgM inconstamment présentes.

 

On distingue deux types de sérologies :

a) Sérologie non spécifique de type : 

Elle détecte les anticorps communs à HSV 1 et HSV 2.

Elle présente d’excellentes spécificité et sensibilité. Elle révèle la présence d’anticorps IgG ou IgM dirigés contre l’un ou l’autre des deux virus, mais ne permet pas de spécifier le type de virus en cause.

b) Sérologie spécifique de type : 

Elle permet de distinguer les anticorps anti-HSV 1 et anti-HSV 2. Les trousses commercialisées présentent, selon la population étudiée, une sensibilité et une spécificité d’environ 90 à 100 %. 

Une réaction sérologique peut être négative alors que le sujet est atteint d'herpès car 1 à 3 mois sont nécessaires à la séroconversion.

Malgré l'amélioration des techniques, le diagnostic sérologique n'a qu'un intérêt limité dans la maladie herpétique car il ne permet souvent pas de distinguer primo-infection et réinfection ; en effet, la présence d'IgM n'est pas spécifique de la primo-infection et, seules une séroconversion ou une ascension significative du taux des immunoglobulines (IgG) à 15 jours d'intervalle, témoignent d'une primo-infection récente. En dehors de cette situation, le titre d'anticorps reste le plus souvent stable.

Le sérodiagnostic ne présente d'intérêt que pour diagnostiquer une infection néonatale (augmentation des IgG à 2 examens successifs, présence d'IgM).

 

8. Diagnostic :

Le diagnostic de l'herpès génital est avant tout clinique, par argument de fréquence devant toute ulcération génitale primaire ou récidivante en bouquet polycyclique sur une base érythémateuse.

La constatation d'une forme clinique atypique doit faire discuter le chapitre des ulcérations génitales infectieuses, cancéreuses ou dermatologiques. On s'aidera alors de l'examen direct/PCR, des cultures virales, bactériologiques ou fongiques, des techniques sérologiques et en dernier recours de la biopsie cutanéo-muqueuse.

 

9. Traitement : 

L'infection génitale à HSV est une des rares infections virales qui possède un traitement spécifique. L'aciclovir en est la molécule de référence, virostatique permettant de diminuer la durée et la sévérité des manifestations génitales.

Mode d'action de l'antiviral : pour être activé, il doit être triphosphorylé ; la première phosphorylation ne pouvant être réalisée que par une thymidine-kinase (TK) virale, le produit actif ne se trouve que dans les cellules infectées où il bloque l'ADN polymérase et donc la réplication de l'ADN viral.

Les deux espèces d'herpès simplex virus, le type 1 et le type 2 sont hautement sensibles à l'aciclovir.

L'aciclovir n'éradique pas les virus latents.

 

1) Traitement de la primo-infection génitale : 

? Dans la forme typique de la femme jeune, l'amélioration clinique et la diminution de la durée de l'excrétion virale pourront être obtenues par l'utilisation précoce d'aciclovir :

⇒ Aciclovir : per os + local  (en dehors de la grossesse) :

- ACICLOVIR 200 ® ou ZOVIRAX 200 ® CLOVIRAX 200 ® (Pharmalliance) : à la dose de 1000 mg/jour : 1 cp (à 200 mg) 5 fois par jour (à intervalles réguliers) pendant 7 à 10 jours,

ou VALACICLOVIR 500 mg ®  cp [boîte de 10] : à la dose de 1000 mg/jour : 1 cp, 2 fois par jour, pendant 7 à 10 jours. 

- Nettoyage (éosine aqueuse) et séchage des lésions quotidiens.

- Crème antivirale : Aciclovir : ACICLOVIR ® ou CLOVIRAX ® (Pharmalliance) :  crème dermique 5 % (tube de 10 g) : 5 applications par jour pendant 5 jours (maximum 10 jours). 

- Antalgique per os.

Le traitement doit être débuté le plus tôt possible, dès les premiers signes de l'infection.

L'Aciclovir agit sur la phase de multiplication du virus ; prescrit le plus tôt possible, il diminue la sévérité des signes généraux, la durée d'évolution des lésions génitales, mais il n'éradique pas le virus latent (il ne diminuera pas la fréquence de récidives ultérieures).

- Traitement du partenaire par les antiviraux locaux et per os.

 

? En cas de forme sévère (cela inclut les complications à type de rétention urinaire ou de méningite aseptique) : 

- hospitalisation,

- aciclovir 5 mg/kg toutes les 8 h, intra-veineux, pendant 8-10 jours,

- pose d'une sonde urinaire à demeure,

- anesthésiques locaux type xylocaïne gel.

 

2) Traitement des récurrences (récidives) :

Lorsque la récurrence s'est installée, les antiviraux ne permettent qu'une faible diminution de la durée des symptômes.  

⇒ Aciclovir : à la dose de 1000 mg/jour : 1 cp (à 200 mg) 5 fois par jour (à intervalles réguliers) pendant 5 jours ou bien Valaciclovir 500 mg : 1 cp 2 fois par jour pendant 5 jours.

Le traitement doit être commencé le plus tôt possible, dès l'apparition des symptômes.
 

3) Prévention des récurrences :  

La prévention des récurrences doit être adaptée à leur fréquence, à leur sévérité et à la réponse aux traitements déjà utilisés :

- soit un traitement local par aciclovir crème dès les prodromes annonciateurs ou lors de situations favorisant la réactivation virale,

- soit un traitement général discontinu dont les modalités sont semblables,

- soit un traitement général continu (aciclovir : 2 cp x 2 par jour ou bien valaciclovir 500 mg : 1 cp par jour pendant une durée de 6 mois) si les récurrences sont fréquentes (plus de 6 par an) et invalidantes.

Le traitement sera réévalué à des intervalles de temps de 6 à 12 mois, afin d'évaluer tout changement possible lié à l'évolution naturelle de la maladie.

Il faudra s'assurer de l'absence de grossesse évolutive et réaliser une fenêtre thérapeutique tous les 6 mois.

 

? Chez l'immunodéprimé :

Prévention des infections à HSV : 2 cp x 2 par jour, à prendre à intervalles réguliers, tout au long de la phase d'immunodépression pendant laquelle une prophylaxie antiherpétique est souhaitée.

? Tous les rapports seront protégés (préservatifs).

Nb : L'usage du préservatif n'a pas fait la preuve de son efficacité face à cet agent infectieux très contagieux.

? Une surveillance des FCV de dépistage est importante étant donne le lien fréquent de cette infection avec l'HPV, agent causal du cancer du col.

? Il n'y a pas actuellement de vaccin efficace.

 

10. Conclusion :

L'infection génitale herpétique est une affection virale souvent récidivante à laquelle généralistes, gynécologues et dermatologues sont fréquemment confrontés.

L'excrétion virale asymptomatique est une modalité évolutive fréquente, responsable de nombreux cas de transmission, en particulier chez le nouveau-né. Cette donnée a conduit à adapter la prise en charge de l'herpès génital pendant la grossesse.

Aucune thérapeutique actuelle ne permet d'éliminer le virus, aucune méthode de prévention n'écarte les risques de transmission de l'infection.

Il faudra donc adapter les modalités thérapeutiques actuelles (forme galénique, fréquence, dose) à chaque individu, dans l'attente d'un éventuel vaccin efficace. 
 

 

 

 

 

 

 

?Précautions de base 
 

Des précautions d’hygiène sont indispensables pour limiter le risque de contamination, et doivent être respectées tant par les malades que par l'entourage, même en l'absence de crise visible. Ces précautions aident également à limiter le risque d'auto-inoculation, qui peut amener le virus dans des zones très sensibles (herpès génital ou oculaire, aux conséquences graves).

Ces mesures peuvent sembler lourdes au quotidien : elles restent pourtant le seul moyen d'éviter la maladie, qui peut dans certains cas avoir des conséquences dramatiques (aucun vaccin ou médicament n'éradiquant le virus). En effet, le simple bouton de fièvre peut évoluer vers des formes plus graves, par simple progression du virus, ou auto-contamination d'autres zones du corps. Beaucoup de gens ignorent ces précautions ou ne veulent pas les mettre en pratique, ce qui explique que le virus soit si répandu.

Certaines personnes sont plus à risque que d'autres : immunodéprimé, nouveau-né, femme enceinte, porteurs d'une dermatite atopique. Toute personne atteinte, même si la maladie se limite pour le moment à de simples boutons de fièvre, est contaminée et doit prendre les précautions suivantes pour protéger son entourage :

  • se laver soigneusement et régulièrement les mains, surtout après tout contact avec la lésion (même sans gratter) ; le faire avec encore plus d'attention si on va toucher de la nourriture ou de la vaisselle, une autre personne ou ses affaires personnelles (particulièrement des affaires d'hygiène) bien que le virus ne conserve son pouvoir infectant que 2 heures sur un support sec ;

  • éviter d'utiliser les objets ayant été en contact direct avec la salive ou la bouche d'une personne infectée (brosse à dent notamment) ;

  • éviter les contacts sexuels oro-génitaux pour ne pas transmettre un herpès labial au niveau génital ;

  • individualiser le linge de toilette ;

  • ne pas se toucher les yeux (un geste machinal rapide suffit pour la transmission), et bien sûr, ne pas humecter ses lentilles de contact avec sa salive (risque très direct de contamination) ;

  • ne pas gratter les lésions, et plus généralement, ne jamais toucher la zone infectée ;

  • si le geste est machinal, prendre l'habitude de ne plus toucher les lésions, et se nettoyer les mains (ongles compris) chaque fois qu'on le fait ;

  • maintenir les parties atteintes aussi propres et sèches que possible, et ne pas les serrer sous des vêtements trop près du corps ;

  • éviter tout contact avec un nouveau-né (son système immunitaire est encore fragile) ;

  • en cas de bouton de fièvre (même débutant ou presque terminé), éviter d'embrasser, y compris sur les joues, et ce jusqu'à ce que les lésions soient complètement sèches.

 

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herpes génital

 

 

 

 

Examen d'Herpès, émission Allo Docteur

 

 

 

 

Michel Cymes : "L'herpès, un virus à fort potentiel de sournoiserie"

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 30/01/2021