Gonocoque

La gonococcie est la plus fréquente des IST ; elle est de déclaration obligatoire.

 

1. Agent pathogène :

L'agent pathogène (Neisseria gonorrhœæ) appartient à la famille des Neisseria. Il s'agit d'un germe très fragile qui se cultive mal.

Les gonocoques sont des bactéries Gram négatif, aérobies stricts, habituellement regroupées en paire (diplocoques en grain de café) intra ou extra-cellulaires, qui ont la propriété d'envahir les muqueuses endocervicale et urétrale. Excepté chez la fillette, la muqueuse vaginale est rarement concernée.

La fréquence du portage, réservoir de gonocoque, varie de 1 % (consultantes pour IVG, contraception, dépistage) à 20 % (prostituées).  Incubation: 2 à 7 jours.

Il est actuellement retrouvé dans 10 à 15 % des salpingites aiguës dans les pays occidentaux, 30 à 40 % dans les pays en voie de développement.

 

2. Mode de contamination :

- essentiellement vénérien, par rapport sexuel,

- plus rarement auto-inoculation à partir d'un foyer,

- exceptionnellement inoculation indirecte par des objets souillés.

A partir de l'endocol, le gonocoque se propage vers l'utérus et les trompes de proche en proche, l'infection éclatant le plus souvent de façon brutale.

Après avoir atteint les trompes, le gonocoque adhère aux cellules sécrétoires de l'épithélium tubaire et les pénètre pour envahir les tissus sous-épithéliaux, libérant sans doute différents facteurs toxiques lesquels expliquent l'altération précoce des cellules ciliées.

 

3. Diagnostic clinique :

1) Atteintes uro-génitales chez l'homme : 

- L'urétrite antérieure aiguë est la manifestation la plus fréquente, après une incubation silencieuse de 2 à 7 jours.

- Le début est brutal par une dysurie douloureuse, avec un écoulement urétral purulent jaune verdâtre souvent abondant (classique "chaude-pisse") et une méatite inflammatoire.

- L'affection est isolée, non fébrile.

- Des complications précoces s'accompagnant parfois de fièvre sont possibles ; elles sont à rechercher systématiquement :

. urétrite postérieure, douloureuse,

. orchi-épididymite inflammatoire, très douloureuse,

. prostatite aiguë,

. infection des glandes de Cooper, de la glande de Tyson et des glandes para-urétrales,

. balanite.

- L'examen doit rechercher d'autres foyers muqueux : oculaires, anaux, buccaux.

- L'interrogatoire recherche le contage et les différents partenaires à traiter.

Le diagnostic est confirmé par l'examen bactériologique.
 

2) Atteinte uro-génitale chez la femme :

- Elle est le plus souvent asymptomatique.

- Elle est responsable le plus souvent d'un tableau de cervicite pouvant entraîner une pesanteur pelvienne, des leucorrhées purulentes volontiers associées à une urétrite se traduisant par des brûlures mictionnelles et une dysurie.

- L'examen au spéculum met en évidence un col rouge avec des érosions.

- Des complications sont possibles, à rechercher systématiquement :

. inflammation des glandes para-urétrales et des glandes de Bartholin,

. salpingite voire une pelvi-péritonite subaiguë avec un risque accru d'infertilité et de GEU en l'absence de traitement.
 

3) Atteintes dans les deux sexes :

a) Gonococcies disséminées :

- Elles sont rares ; elles surviennent surtout chez les femmes.

- Elles se traduisent par une septicémie subaiguë à gonocoque avec :

. des atteintes articulaires aiguës fébriles de deux types : soit une polyarthrite des petites articulations (temporo-maxillaire, phalangienne, métacarpienne ou métatarsienne), soit une monoarthrite d'une grosse articulation (genou, épaule, hanche),

. des manifestations cutanées : maculo-papules, plus rarement des vésiculo-pustules de 1 à 5 mm de diamètre entourées par un halo érythémateux, voire purpurique aux extrémités : doigts, orteils, poignets, genoux, talons et plus rarement le tronc.

- Les autres manifestations systémiques sont plus rares : méningites, endocardites, myocardite et périhépatites.
 

b) Gonococcie du nouveau-né et de l'enfant :

- Chez le nouveau-né : la contamination lors de l'accouchement au cours du passage de la filière génitale peut entraîner :

. surtout une conjonctivite bilatérale pouvant entraîner une ophtalmie purulente avec un risque de cécité ; la prophylaxie repose sur l'instillation intraoculaire d'érythromycine ou de tétracycline,

. une rupture prématurée des membranes,

. une chorio-amniotite.

- Chez l'enfant : la contamination peut être soit sexuelle, soit non sexuelle par l'intermédiaire de linge souillé.

 

4. Diagnostic positif :

1) Prélèvements :

La qualité des prélèvements est d'une grande importance.

La technique doit être correcte, des prélèvements multiples sont pratiqués par écouvillonnage (effectués de préférence au laboratoire, compte tenu de la fragilité du germe) :

- au niveau de la cavité fusiforme de l'endocol,

- au niveau de l'urètre, aidés, parfois, de massage sous-urétral,

- au niveau des glandes de Skène,

- au niveau de l'anus.

Ces prélèvements doivent être ensemencés immédiatement ou placés dans un milieu de transport adapté.

 

2) Diagnostic :

- L'examen direct du frottis de l'écoulement étalé sur lame et coloré après coloration par le bleu de méthylène ou à la coloration de Gram met en évidence des diplocoques réniformes, Gram négatif, intra et extracellulaires, encapsulés en grain de café, au sein de nombreux PN altérés.

Il est insuffisant car positif dans 60 % des cas seulement. De même, la présence de Neisseria saprophytes peut être trompeuse.
 

- La recherche du gonocoque par culture constitue la technique de référence ; en effet, le diagnostic repose sur l'examen bactériologique, qui est ici obligatoire.

La culture sur milieux spécifiques (gélose chocolat ou de Thayer-Martin au sang cuit) est systématique pour confirmer le diagnostic dès la moindre suspicion clinique. Il s’agit de l’examen de référence. Résultat en 24 à 48 heures. La culture permet également de faire un antibiogramme (indispensable) et de rechercher la production de β-lactamase (résistances fréquentes et évolutives).
 

- Les techniques immunologiques : l'utilisation d'anticorps monoclonaux a permis la mise au point de tests rapides soit par ELISA soit par immunofluorescence. Ces méthodes ne sont pour le moment ni assez spécifiques, ni assez sensibles pour être utilisées directement sur les prélèvements.
 

- L'avenir est à la biologie moléculaire (PCR) : cependant, l'émergence de nombreuses souches résistantes aux antibiotiques appuie la nécessité des cultures.
 

- Il n’existe pas de sérologie fiable des infections gonococciques.

 


Gonocoque recherche

 

   Dépistage des infections génitales à gonocoque (urétrite)

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 27/10/2019