LHRH

L'identification et la synthèse de la LHRH ou GnRH ou gonadolibérine, hormone hypothalamique contrôlant la fonction gonadotrope, ont été réalisés par GUILLEMIN en 1971 à partir de fragments hypothalamiques de porc : il s'agit d'un décapeptide commun à tous les mammifères testés : mouton, porc, singe, chien et homme.

Sa demi-vie est estimée à 4 mn environ : cette dégradation rapide permet en physiologie le maintien d'une sensibilité normale de l'hypophyse à la LHRH.

 

1. Sécrétion de la LHRH :

- Les sites de sécrétion :

La LHRH est synthétisée principalement par l'hypothalamus.

Le principal réseau des neurones de LHRH prend naissance dans le noyau arqué de l'hypothalamus médio-basal.

Les tractus nerveux se dirigent vers l'éminence médiane où ils entrent en contact avec les capillaires drainés par les longs vaisseaux portes qui vascularisent l'hypophyse.

Un second réseau de neurones de LHRH naît dans l'hypothalamus antérieur.
 

- La sécrétion de la LHRH est pulsatile et épisodique :

Des prélèvements sanguins multiples montrent que les gonadotrophines sont libérées sous forme de décharges rapides et rythmiques superposées sur le fond continu des variations sécrétoires de "basse fréquence" du cycle menstruel.

Cette libération intermittente n'est pas une caractéristique intrinsèque de l'hypophyse, mais reflète la sécrétion pulsatile de l'hypothalamus au cours de la vie adulte.

Ce mode sécrétoire pulsatile de LHRH a été démontré grâce aux dosages radio-immunologiques de la LHRH dans le sang périphérique chez la femme au cours du cycle menstruel.

Les décharges surviennent en moyenne toutes les 60 mn.

Cependant, fréquence et amplitude maximales sont enregistrées dans la période péri-ovulatoire.

 

2. Mode d'action hypophysaire de LHRH :

- L'action sur les cellules gonadotropes : les cellules gonadotropes représentent environ 5 % de l'hypophyse.

Il existe différentes populations cellulaires qui sécrètent des proportions variables de FSH et de LH :

. les petites cellules gonadotropes ne stockent qu'une des 2 hormones,

. alors que les grandes cellules contiennent à la fois la FSH et la LH ou la FSH seule.

Le pourcentage des cellules à contenu mixte augmente après la castration ou après l'administration de LHRH.

La LHRH est reconnue par un récepteur spécifique membranaire de la cellule gonadotrope ; le nombre des récepteurs augmente en fonction du rythme et de l'amplitude de la sécrétion de la LHRH elle-même et en fonction de l'environnement hormonal stéroïdien.
 

- La réponse de l'hypophyse à la LHRH : la cellule gonadotrope répond à de très faibles changements dans le taux de la LHRH circulante ; le facteur principal qui conditionne la réponse à la LHRH est le degré d'exposition à l'estradiol.

La constitution d'une réserve hypophysaire en gonadotrophines pendant la phase folliculaire est nécessaire pour fournir la quantité de LH indispensable au déclenchement de l'ovulation.

Dans la période préovulatoire immédiate, les fortes concentrations d'estradiol et de LHRH vont engendrer un pic maximum de LH (l'estradiol, en augmentant rapidement le nombre des récepteurs et la LHRH, en déclenchant la libération des gonadotrophines).

Il en résulte que l'arrivée de grandes quantités de LHRH dans les vaisseaux portes en milieu de cycle vient stimuler des cellules gonadotropes porteuses d'un stock important de FSH et de LH Þ pic abrupt et ample de gonadotrophines peu de temps avant l'ovulation.

 

Au total :

L'effet principal de la LHRH est la synthèse et la libération de LH par l'antéhypophyse.

La LHRH assure aussi la synthèse et la libération de FSH, mais cet effet est moins prononcé.

 

3. Actions gonadiques de LHRH : action contraceptive :

Les expérimentations cliniques faites avec des doses pharmacologiques des agonistes de la LHRH ont démontré leur action contraceptive :

- l'inhibition de l'ovulation peut être obtenue par des injections ou des administrations intra-nasales quotidiennes d'un analogue de la LHRH ;

- une lutéolyse est obtenue lorsque, en milieu de phase lutéale, on administre un agoniste de la LHRH, que ce soit par voie SC (50 à 100 µg pendant 2 à 3 j) ou par voie intranasale (dose unique de 1000 à 1500 µg).

Tous ces effets de la LHRH utilisés à titre contraceptif sont vraisemblablement secondaires à une diminution des taux de la LH et à une diminution des récepteurs gonadiques de la LH consécutives à une désensibilisation majeure de l'hypophyse.

 


AGONISTES DE LA LHRH (Buséréline ®, Décapeptyl ®) :


♦ FEMME :

Analogues de la LHRH : ils ont presque la même formule que le LHRH.

Chez les femmes recevant régulièrement cet agoniste, la sécrétion de gonadotrophines diminue.

L'administration de LHRH se fait par injections journalières sous-cutanées ou par absorption nasale sous forme de spray (Buséréline ®).

Dépourvus d'effet métabolique, ces produits agissent par désensibilisation de la fonction hypophysaire gonadotrope.
 

♦ HOMME :

Analogues de la LHRH :

Ils ont une activité antigonadotrope en provoquant une désensibilisation de l'hypophyse lorsqu'ils sont administrés à doses continues élevées et non aux doses physiologiques.

Là aussi, il est nécessaire d'associer une androgénothérapie.

Le principal inconvénient est le recours quotidien à une injection SC associée à une dose d'un androgène percutané.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Activite biologique de gnrh

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 21/07/2019