Progestérone

La progestérone est une hormone stéroïdienne principalement sécrétée par les cellules du corps jaune des ovaires et le placenta. Elle est impliquée dans la grossesse et l'embryogenèse de nombreuses espèces de mammifères, ainsi que dans le cycle menstruel.


La progestérone a une activité progestative, c'est-à-dire qu'elle est capable :

- de provoquer la formation de la "dentelle" utérine par un endomètre préalablement soumis à l'influence des estrogènes,

- de maintenir la gestation chez une femelle gravide castrée.

Dans le cycle ovarien, la progestérone inhibe les contractions rythmiques de la musculature utérine et crée un "silence" utérin sans lequel toute gestation serait impossible.

 

1. Métabolisme :

1) Biosynthèse :

La progestérone est synthétisée essentiellement par l'ovaire et, à un moindre degré, par les glandes surrénales et le placenta au cours de la deuxième partie de la grossesse.

La synthèse se fait à partir du cholestérol : ce dernier est transformé en prégnénolone qui, sous l'influence d'une déshydrogénase et d'une isomérase, donne la progestérone.

La sécrétion de progestérone n'est pas constante au cours du cycle menstruel : déclenchée par la LH, elle apparaît juste avant l'ovulation et se poursuit au cours de la deuxième partie du cycle. Sa chute à la fin du cycle participe au déclenchement de la menstruation.

S'il y a fécondation, le trophoblaste sécrète l'hormone chorionique qui maintient en fonction le corps jaune sécrétant la progestérone. A partir du troisième mois de la grossesse, le placenta sécrète les estrogènes et la progestérone.

 

2) Distribution :

Dans le plasma, la progestérone se trouve sous forme libre ainsi que sous forme liée à l'albumine, à une glycoprotéine et également à la transcortine. Sa demi-vie est d'environ 30 minutes. Chez la femme sa concentration pendant la phase folliculaire est faible, du même ordre de grandeur que celle que l'on trouve chez l'homme, mais elle s'élève considérablement pendant la phase lutéale.

Dans les tissus, la progestérone, molécule lipophile, se fixe dans les graisses d'où une libération progressive peut se faire.
 

3) Catabolisme :

Le catabolisme de la progestérone s'effectue essentiellement dans le foie où, sous l'influence de plusieurs enzymes, elle est transformée successivement en prégnanedione, prégnanolone et enfin prégnanediol.

La progestérone est elle-même un intermédiaire métabolique pouvant conduire à la testostérone, l'aldostérone, le cortisol.

 

2. Rôle dans le cycle menstruel :

La concentration de progestérone varie pendant le cycle menstruel ; elle est sécrétée en plus forte quantité à partir du 14ème jour du cycle par les cellules de la granulosa du corps jaune.

La progestérone permet le maintien et la densification de la muqueuse utérine, le développement de la vascularisation de l'endomètre, et l'apparition de glandes utérines responsables de l'aspect dentelé de la paroi utérine.

- S'il n'y a pas fécondation, la concentration de progestérone revient à un niveau normal car les cellules du corps jaune dans lequel elle est produite vont aussitôt régresser puis disparaître.

- En cas de fécondation, l'hormone HCG (hormone gonadotrophine chorionique), produite par le trophoblaste de l'œuf (blastocyste), va diriger le maintien et l'augmentation de la production de progestérone nécessaire au maintien de l'endomètre en début de grossesse. Le HCG a la même action que la LH (la LH est une gonadostimuline qui stimule la production des cellules à progestérone), elle va donc stimuler, elle aussi, certaines cellules du corps jaune pour produire la progestérone, jusqu'à ce que le placenta puisse lui-même synthétiser de la progestérone (au cours du 3ème mois de la grossesse).

 

3. Effets :

La progestérone agit sur des récepteurs nucléaires et modifie la transcription des gènes cibles.
 

1) Action progestative :

La fonction essentielle de la progestérone est de préparer l'utérus à la nidation puis au maintien de la gestation.

- Au niveau de l'endomètre, elle entraîne un arrêt des mitoses provoquées par les estrogènes et l'apparition d'un aspect sécrétoire, dit « de dentelle utérine », avec vacuoles remplies de glycogène. L'endomètre est de loin le tissu le plus riche en récepteurs à la progestérone.

- Au niveau du myomètre, elle a une action antagoniste vis-à-vis des estrogènes se traduisant par une diminution de la contractilité utérine.

- Au niveau du col utérin, elle supprime la glaire cervicale induite par les estrogènes.

- Au niveau des trompes, elle pourrait ralentir le transit de l'œuf.

- Au niveau des seins, elle agit en synergie avec les estrogènes et les hormones hypophysaires pour induire le développement des acini et inhiber, après un stimulation transitoire, les mitoses épithéliales provoquées par les estrogènes.
 

2) Régulation de la sécrétion hypophysaire :

La progestérone inhibe la sécrétion des gonadostimulines hypophysaires (rétrocontrôle négatif), mais les progestatifs de synthèse sont beaucoup plus efficaces qu'elle. Ils réduisent en réalité la fréquence des pics de la sécrétion et augmentent leur amplitude.
 

3) Action androgène et anti-androgène :

La progestérone a une très faible activité androgène et anti-androgène qui peut être mise en évidence à doses très élevées. Administrée à forte dose chez le rat mâle castré, elle peut augmenter le poids de la prostate, action androgène, mais, administrée en même temps que la testostérone, elle réduit l'effet de cette dernière.
 

4) Action anti-estrogène :

La progestérone agit par induction de la 17α-hydroxydéshydrogénase qui accélère le catabolisme de l'estradiol en estrone.
 

5) Implantation du blastocyste :

Il semble que l'expression du LIF (leukemia inhibitory factor), cytokine pléiotropique, par l'endomètre soit sous la dépendance de la progestérone. Or, LIF paraît jouer un rôle essentiel dans la différenciation et l'implantation du blastocyste (l'œuf fécondé se divise et forme une couronne de cellules entourant une cavité centrale, c'est le blastocyste). Sa déficience pourrait être à l'origine de certaines stérilités.
 

6) Autres effets :

- Un effet hyperthermisant responsable de l'augmentation de la température d'environ 0,5 °C au cours de la 2ème partie du cycle menstruel.

- Une action anti-minéralocorticoïde en inhibant les récepteurs à l'aldostérone, ce qui entraîne une diminution du sodium plasmatique par augmentation de son élimination urinaire.

- Une action sédative en potentialisant l'effet du GABA.

 

4. Thérapeutique : Cf chapitre spécial

 

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 06/08/2019