Acétate de cyprotérone

1. Dénomination du médicament :

ANDROCUR ®  50 mg, comprimé sécable

Androcur

 

2. Composition qualitative et quantitative : 

Acétate de cyprotérone .................................................................................... 50,0 mg

Pour un comprimé sécable.

Excipient à effet notoire : lactose

Pour la liste complète des excipients : Lactose, amidon de maïs, silice colloïdale anhydre, polyvidone, stéarate de magnésium.

 

Nature et contenu de l'emballage extérieur :

Boite de 20 et 50 comprimés sécables sous plaquettes thermoformées (PVC/Aluminium).

 

3. Forme pharmaceutique :

Comprimé sécable.

Comprimé blanc à légèrement jaune, avec une barre de cassure sur une face et la marque « BV » dans un hexagone régulier sur l’autre face du comprimé.

Le comprimé peut être divisé en deux demi-doses égales.

 

4. Propriétés pharmacologiques : 

L'acétate de cyprotérone, dérivé de la 17 hydroxyprogestérone, est un progestatif de synthèse antiandrogène et antigonadotrope.

La triple activité de l'acétate de cyprotérone (progestative puissante, antigonadotrope et antiandrogène périphérique) explique son intérêt dans le traitement de l'hirsutisme.

Seule une connaissance précise de ses propriétés permettra son utilisation dans les meilleures conditions possibles en terme d'efficacité et de tolérance.

La spécificité et l'originalité de l'acétate de cyprotérone consistent en la réunion au sein d'une même molécule des 3 propriétés :

- antiandrogène,

- antigonadotrope,

- progestatif de synthèse.


■ L'effet spécifique antiandrogénique de l'acétate de cyprotérone s'exerce par inhibition compétitive de la liaison de la 5α-DHT à son récepteur cytosolique dans les cellules cibles.

La diminution à la fois de la sécrétion et de l'action périphérique des androgènes entraîne à plus long terme la diminution de l'activité de la 5α-réductase protéine elle-même androgéno-dépendante.

■ L'action antigonadotrope de l'acétate de cyprotérone est puissante et participe à l'effet antiandrogène en freinant la sécrétion ovarienne des androgènes.

Le double mécanisme antiandrogène distingue l'ACT des autres molécules antiandrogènes qui sont dénuées d'effet antigonadotrope laissant persister la sécrétion ovarienne d'androgènes.

L'activité antiandrogène spécifique de l'ACT contre-indique son utilisation chez la femme enceinte et chez la femme qui allaite : le risque de féminisation d'un fœtus mâle est potentiel.

■ L'action progestative s'exerce au niveau des récepteurs mammaires et endométriaux, en particulier par une importante transformation sécrétoire de l'endomètre.

 

5. Données cliniques :  

1) Indications thérapeutiques :

· Hirsutismes féminins majeurs d'origine non tumorale (idiopathique, syndrome des ovaires polykystiques), lorsqu'ils retentissent gravement sur la vie psycho-affective et sociale.

· Traitement palliatif antiandrogénique du cancer de la prostate.
 

2) Posologie et mode d'administration :

a) Chez l'homme :

Dans le cancer de la prostate : 200 à 300 mg, soit 4 à 6 comprimés par jour sans interruption.
 

b) Chez la femme :

Les femmes enceintes ne doivent pas prendre Androcur ®, il est recommandé de vérifier l’absence de grossesse avant le début du traitement.

Chez la femme en période d'activité génitale, Androcur ® doit être associé à un estrogène.
 

■ Dose d’instauration du traitement :

- Du 1er au 20ème jour du cycle : prendre 1 comprimé d’Androcur ® par jour associé à de l’estradiol ou du valérate d’estradiol (par voie orale ou percutanée) et associer une contraception locale supplémentaire pendant les deux premiers cycles.

- Du 21ème au 28ème jour du cycle : ne prendre aucun traitement.
 

■ Dose d’entretien : 1 comprimé par jour d’Androcur ® ou réduction de la dose à ½ comprimé par jour d’Androcur ®  50 mg en fonction des signes cliniques, toujours en association à l’estradiol ou au valérate d’estradiol pendant les 20 jours de prise d’Androcur ®  50 mg.

En cas d’absence de saignement de privation pendant les 8 jours sans traitement, l’absence de grossesse devra être confirmée par un test immunologique.

En cas d'oubli, si l'heure de prise est dépassée de plus de 12 heures, l'action contraceptive d’Androcur ® n'est plus garantie. Poursuivre le traitement selon le schéma thérapeutique prescrit mais associer des mesures contraceptives supplémentaires (préservatif ou autre) jusqu'à la fin du cycle en cours. En fin de cycle, en cas d'absence de saignement de privation, confirmer l’absence d'une grossesse avant la reprise du traitement.

Après la ménopause : ½ à 1 comprimé par jour pendant 20 jours sur 28 si possible en association avec une estrogénothérapie substitutive.
 

3) Contre-indications :

- Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients ;

- Affections hépatiques sévères, tumeurs hépatiques (sauf métastases d'un cancer de la prostate), syndrome de Dubin-Johnson, syndrome de Rotor ;

- Antécédents d’ictère ou de prurit persistant durant une grossesse ;

- Antécédents d’herpès gestationis ;

- Tuberculose et maladies cachectisantes (hors cancer de la prostate) ;

- Existence ou antécédents d'accidents thromboemboliques ; 

- Dépression chronique sévère ;

- Anémie à hématies falciformes ;

- Existence ou antécédents de méningiomes.

 

4) Mises en garde spéciales et précautions d'emploi :

ANDROCUR ® peut entraîner à fortes doses une toxicité hépatique dose-dépendante. Cette toxicité apparaît habituellement plusieurs mois après le début du traitement. Des cas d’évolution fatale ont été rapportés chez des patients traités à des doses de 100 mg et plus.


■ De très rares cas de tumeurs hépatiques bénignes ou malignes pouvant conduire à des hémorragies intra-abdominales menaçant le pronostic vital ont été observés après utilisation d’Androcur ®. En cas de plaintes sévères au niveau abdominal, d’hypertrophie du foie ou en cas de signe d’hémorragie intra-abdominale, une tumeur hépatique doit être évoquée.

Un bilan biologique hépatique doit être effectué avant le démarrage du traitement.

L’apparition d’une symptomatologie évoquant une possible hépatotoxicité (par exemple : nausées ou vomissements, ictère, démangeaisons intenses, urines foncées, douleurs abdominales) doit aussi conduire à effectuer un bilan hépatique.

Une surveillance biologique est nécessaire avant traitement et toutes les 4 à 6 semaines chez les patients atteints :

- d'affections hépatiques chroniques (voir "Effets indésirables"),

- de diabète ou d’intolérance au glucose.

La prudence s’impose en cas de diabète non équilibré.
 

■ La survenue d´événements thromboemboliques a été rapportée chez des patients sous ANDROCUR ®, sans que la responsabilité d’Androcur ®  50 mg soit établie. Les patients ayant des antécédents d´événements thrombotiques/thromboemboliques artériels ou veineux (comme une thrombose veineuse profonde, une embolie pulmonaire, un infarctus du myocarde) ou d´accidents cérébro-vasculaires ou souffrant de maladie maligne avancée ont un risque thromboembolique augmenté.


Dans tous les cas, il est impératif d’interrompre le traitement en cas de survenue de :

- ictère ou d’élévation des transaminases,

- troubles oculaires (perte de vision, diplopie, lésions vasculaires de la rétine),

- accidents thromboemboliques veineux ou artériels,

- céphalées importantes.
 

■ Des cas d’anémie ont été rapportés avec ANDROCUR ® chez l’homme dans le traitement du cancer de la prostate. Une surveillance régulière de la numération érythrocytaire est nécessaire au cours du traitement chez l’homme.
 

■ Pendant les traitements à fortes doses (≥ 100 mg par jour), il est conseillé de contrôler régulièrement la fonction corticosurrénale, les données précliniques suggérant une possible suppression due à l’effet « corticoïd-like » d’Androcur ®.
 

■ Chez la femme, une surveillance médicale et gynécologique (poids, tension artérielle, seins, utérus) est nécessaire. Si des spotting surviennent pendant le traitement combiné, la prise des comprimés ne doit pas être interrompue.
 

■ Des cas de méningiomes (simples et multiples) ont été rapportés en cas d’utilisation prolongée (plusieurs années) d’Androcur ® à des doses de 25 mg par jour et plus.

Si un méningiome est diagnostiqué chez un patient traité par ANDROCUR ®, le traitement devra être arrêté.
 

Les femmes enceintes ne doivent pas prendre ANDROCUR ®. Il est recommandé de vérifier l’absence de grossesse avant le début du traitement.

L’utilisation d’Androcur ® est déconseillée chez la femme en âge de procréer n’utilisant pas de mesure contraceptive.
 

Ce médicament contient du lactose. Son utilisation est déconseillée chez les patients présentant une intolérance au galactose, un déficit en lactase de Lapp ou un syndrome de malabsorption du glucose ou du galactose (maladies héréditaires rares).
 

5) Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions :

a) Associations déconseillées :

- Millepertuis : diminution de l’efficacité du progestatif, par augmentation de son métabolisme hépatique par le millepertuis.

- Ulipristal : antagonisme réciproque des effets de l’ulipristal et du progestatif, avec risque d’inefficacité.
 

b) Associations faisant l'objet de précautions d’emploi :

- Inducteurs enzymatiques (carbamazépine, fosphénytoïne, phénobarbital, phénytoïne, primidone, oxcarbazépine, rifabutine, rifampicine, névirapine, éfavirenz, dabrafénib et enzalutamide)

Risque de diminution de l’efficacité de la cyprotérone, par augmentation de son métabolisme hépatique par l’inducteur.

Surveillance clinique et adaptation éventuelle de la posologie du traitement hormonal pendant l’administration de l’anticonvulsivant inducteur et après son arrêt.

- Inhibiteurs de protéases boostés par ritonavir : risque de diminution de l’efficacité de la cyprotérone, par augmentation de son métabolisme hépatique par l’inducteur.

Surveillance clinique et adaptation éventuelle de la posologie de la cyprotérone pendant l’administration avec l’inhibiteur de protéase et après son arrêt.
 

6) Grossesse et allaitement :

a) Grossesse :

Androcur ® n’a pas d’indication pendant la grossesse.

Les études réalisées chez l'animal ont mis en évidence chez le fœtus mâle, un effet féminisant dose dépendant de l'acétate de cyprotérone.

En clinique, chez le fœtus de sexe masculin, on ne peut exclure ce risque en cas d’administration d’Androcur ® après le début de la différenciation sexuelle (8 SA jusqu'à environ 17 SA).

Toutefois, aucun effet de ce type n'a été rapporté à ce jour sur un nombre limité de grossesses exposées.

Par ailleurs, aucune anomalie particulière des organes génitaux externes n’est décrite à ce jour chez la petite fille exposée in utero.

En conséquence l’utilisation d’Androcur ® est déconseillée chez la femme en âge de procréer n’utilisant pas de mesure contraceptive.

Il n’y a pas d’argument pour conseiller une interruption de grossesse en cas d’exposition accidentelle. Une surveillance prénatale des organes génitaux des fœtus de sexe masculin est recommandée.
 

b) Allaitement :

Il existe peu de données concernant le passage dans le lait maternel. En conséquence, par mesure de précaution, il convient d'éviter d’administrer ce médicament chez la femme qui allaite.
 

7) Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines :  

Possibilité de sensation de fatigue pouvant altérer les facultés de concentration.

 

8) Effets indésirables :

- Affection des organes de reproduction et du sein :

Chez l’homme :

· inhibition de la spermatogenèse habituellement réversible à l’arrêt du traitement.

· gynécomastie habituellement réversible à l’arrêt du traitement.

· impuissance.

· baisse de la libido.

Chez la femme :

· troubles des règles du type saignements intercurrents (spotting) ou aménorrhée.

· inhibition de l’ovulation.

· tension mammaire.

· augmentation ou diminution de la libido.

- Affections endocriniennes :

· variation de poids.

· l’utilisation chez l’homme d’ANDROCUR ® peut induire une perte osseuse laquelle constitue un facteur de risque d’une éventuelle ostéoporose. De très rares cas ont été rapportés lors d’un traitement prolongé par ANDROCUR ® à la posologie moyenne de 100 mg par jour. Cet effet n’a pas été observé lors d’un traitement de courte durée.

- Affections vasculaires :

· aggravation d’une insuffisance veineuse des membres inférieurs.

· événements thromboemboliques.

- Affections hépatobiliaires :

· ictères, hépatites cytolytiques, hépatites fulminantes, insuffisance hépatique.

· des tumeurs hépatiques bénignes ont pu être observées, voire des tumeurs hépatiques malignes conduisant à des cas isolés d’hémorragie abdominale.

- Affections psychiatriques : états d’agitation, humeur dépressive.

- Troubles du système sanguin : Chez l’homme : anémie.

- Affections respiratoires : dyspnée.

- Affections du système nerveux : migraines et céphalées.

- Troubles généraux : fatigabilité, asthénie, bouffées de chaleur et sudation (chez l’homme).

- Affections de la peau : éruption (rash).

- Affections du système immunitaire : réaction d’hypersensibilité.

- Tumeurs : des cas de méningiomes ont été rapportés en cas d’utilisation prolongée (plusieurs années) d’ANDROCUR ® à des doses de 25 mg par jour et plus.
 

9) Surdosage :  

Les études de toxicité aiguë n’ont pas mis en évidence de toxicité particulière de l’acétate de cyprotérone.

 

6. Fabriquant :  

BAYER AG

13342 Berlin (ALLEMAGNE).

 

7. Date de mise à jour du texte :

26 juillet 2017.

 

 

 

 

Acetate cyproterone mode d action

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 03/08/2019