Médicaments et grossesse

Prescription et populations particulières : Médicaments et femme en âge de procréer/grossesse (Vidal).

Médicaments à risque fœtal et/ou néonatal (liste non exhaustive)

Mise à jour : 21 Avril 2020

 

Médicaments

Manifestations les plus fréquentes

Conduite à tenir

AINS (y compris les anti-COX 2)

Toxicité rénale dès 12 SA (oligoamnios, insuffisance rénale)

Fermeture du canal artériel : MIU, insuffisance cardiaque droite, HTAP

Allongement du temps de saignement

Contre-indication à partir de la 24ème SA (y compris par voie cutanée)

Prévention de l'automédication

Inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC)

Sartans (ARA II)

Inhibiteur de la rénine : aliskiren

Toxicité rénale dès 12 SA (oligoamnios, insuffisance rénale parfois irréversible)

Contre-indication dès le 3ème mois

Substitution le plus tôt possible par une autre classe d'antihypertenseur

Inducteurs enzymatiques :

carbamazépine

oxcarbazépine

phénobarbital

phénytoïne

rifampicine

Syndrome hémorragique précoce (déficit en vit. K)

Anomalie phosphocalcique (déficit en vit. D)

Sédation, difficultés de succion, hypotonie (avec les antiépileptiques)

Mère : vitamine K1, 10 à 20 mg par jour pendant les 15 jours précédant l'accouchement ; vitamine D2 : 1.000 U par jour pendant le dernier trimestre

Nouveau-né : vitamine K1 0,5 à 1 mg IM ou IV, surveillance neurologique si antiépileptique

Valproate de sodium

Thrombopénie,

diminution des facteurs de coagulation,

Hypoglycémie

Contre-indication pendant la grossesse

Dans des cas exceptionnels d'utilisation du valproate de sodium pendant la grossesse :

* Mère : dosage des plaquettes, fibrinogène, TCA avant l'accouchement. Éviter un accouchement traumatique

* Nouveau-né : surveillance des plaquettes, fibrinogène, TCA, glycémie

Neuroleptiques

Signes atropiniques (tachycardie, rétention urinaire, hyperexcitabilité, distension abdominale, etc.)

Manifestations extrapyramidales

Troubles glycémiques avec les neuroleptiques "atypiques"

Mère : favoriser la monothérapie et la réduction progressive des doses pendant les 2 derniers mois

Nouveau-né : surveillance neurologique et digestive

Antidépresseurs imipraminiques

Signes atropiniques : tachycardie, rétention urinaire, hyperexcitabilité, distension abdominale, etc.

Nouveau-né : surveillance neurologique et digestive

Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS)

Hypothermie, agitation, pleurs excessifs, tremblements, irritabilité, insomnie

Risque accru d'HTAP

Suspicion de troubles autistiques

Nouveau-né : surveillance du comportement

Benzodiazépines

Troubles de la succion, somnolence, hypotonie, dépression respiratoire, apnée

Rarement : syndrome de sevrage

Mère : préférer si possible l'oxazépam, à demi-vie intermédiaire

Nouveau-né : surveillance du comportement et de la respiration : scope d'apnées à discuter

Bêtabloquants

Hypoglycémie

Bradycardie

Insuffisance cardiaque

Hypotension

Nouveau-né : surveillance de glycémie, pression artérielle et fréquence cardiaque

Acétazolamide

Anomalies hydro-électrolytiques du volume de liquide amniotique et RCIU

Ne pas utiliser aux 2ème et 3ème trimestres, sauf nécessité absolue

AVK

Risque accru de mortalité fœtale, hémorragies fœtales et/ou néonatales

Contre-indication pendant la grossesse

Dans des cas exceptionnels d'utilisation des AVK pendant la grossesse (femmes portant une valve cardiaque à risque thromboembolique élevé), susbtitution par héparine à partir de la 36ème SA

 

 


Risque tératogène

Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) - Mise à jour : 10/06/2016

 

Famille

DCI (nom commercial)

Type de malformation(s)

Conduite à tenir 

Dérivés de la vitamine A

Isotrétinoïne
(Roaccutane ®)

Acitrétine
(Soriatane®) 

Malformations du SNC, oreille externe, cœur

Malformations du squelette

Prescription sous contraception orale exclusive, remise d’un carnet de suivi.

Si grossesse, CPDPN pour discuter IMG.

Prescription : même principe que pour l’isotrétinoïne

Grossesse contre-indiquée dans les 2 ans suivant l’arrêt du traitement. 

Si grossesse, CPDPN pour discuter IMG. 

Thymorégulateur

Lithium 
(Neurolithium ®, Téralithe ®) 

Malformations cardiaques (canal artériel, CIV) 4–8 %

En cas de grossesse sous lithium, suivi en CPDPN et demander échocardiographie fœtale

Anticoagulants oraux, 
antivitamine K 

Warfarine 
(Coumadine ®) 

Warfarin fetal syndrom 4–6 %

Dysmorphie faciale avec OPN courts ou absents, hypoplasie des dernières phalanges des extrémités, 
calcifications osseuses prématurées

Anomalies cérébrales 2 % (microcéphalie, hydrocéphalie, atrophie des voies optiques)

Échographie et IRM cérébrale fœtale à la recherche des anomalies

Prévention : relais par HBPM en vue d’une grossesse

Antiépileptiques

Valproate de sodium (Dépakine ®), carbamazépine (Tégrétol ®)

Anomalie de fermeture du tube neural (spina bifida) : 1 - 2 %

Anomalies des membres et de la face pour la Dépakine ®

Dépakine ® : thrombopénie, baisse de l’activité plaquettaire, du fibrinogène et des facteurs de coagulation

Dépakine ® : prévention usuelle par acide folique 5 mg/j

Échographie à la recherche des anomalies.

Dosage sanguin de l’AFP, augmentée, lors du dépistage sérique de la trisomie 21 (si fait au 2ème trimestre), évoquant une anomalie de fermeture du tube neural

Immunosuppresseur

Mycophénolate (Cellcept ®, Myfortic ®)

Risque de FCS de 50 %

Risque de malformation de l’oreille externe, de fente labio-palatine voire narinaire, migrognathie

Une patiente sous mycophénolate doit avoir une consultation préconceptionnelle pour changer de traitement avant toute conception.

Si la patiente débute une grossesse, elle doit consulter pour adapter le traitement rapidement

Anticancéreux

 Méthotrexate (Ledertrexate ®)

Antagoniste de l’acide folique : craniosténose, dysmorphie faciale, RCIU, cardiopathies congénitales

Prévenir du risque important d’arrêt de grossesse

Antithyroïdien de synthèse

Carbimazole, (Néomercazole ®)

PTU (Propylthiouracile, Propylex ®)

Aplasie du cuir chevelu, atrésie des choanes, fistule œso-trachéale, et plus rarement des dysmorphies faciales, voire des atteintes de la paroi abdominale à type d’omphalocèle et de gastroschisis.

Des goîtres ont été observés chez des fœtus de mère traitée

Le carbimazole sera remplacé au 1er trimestre par le PTU (Propylex ®), et la fonction thyroïdienne maternelle sera régulièrement contrôlée (T4l, T3l, TSHus). Il pourra ensuite être repris du fait des atteintes hépatiques maternelles décrites pour le PTU. Une surveillance de la thyroïde fœtale est recommandée sous traitement, surtout si les TRAK sont positifs.

Risque d’hépatotoxicité maternelle, donc discuter le Néomercazole ® à compter du 2ème trimestre

Virostatiques

Ribavirine (Copegus ®, Rebetol ®)

Efavirenz (Sustiva ®)

Chez l’animal (tératogénicité dose dépendante) : malformations faciales (crâne, palais, yeux, mâchoire), des membres, du tractus digestif, osseuses

Risque de non-fermeture du tube neural : 0,07 %

L’indication de ce traitement implique une contraception. Si une grossesse survient, organiser un suivi au CPDPN

Éviter au 1er trimestre

 

Risque tératogène

 


Risque fœtal

Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) - Mise à jour : 10/06/2016

 

Famille    

 DCI (nom commercial)    

    Type de risque  

      Conduite à tenir  

Anti-nflammatoires non stéroïdiens (AINS)

Aspirine (Aspegic ®), ibuprofène (Advil ®), inhibiteurs de la Cox2 (celecoxib, Celebrex ®)

Mort fœtale in utero

HTAP avec défaillance cardiaque droite et fermeture prématurée du canal artériel (action antiprostaglandine)

Atteinte néphrologique (oligoamnios, oligoanurie)

Risque hémorragique néonatal par l’action antiagrégante plaquettaire

Contre-indication absolue à compter du 6e mois de grossesse

Bilan par échocardiographie fœtale, et surveillance de la quantité de liquide amniotique, si prise au-delà de 24 SA.

Exception pour l’aspirine à faible dose (100 mg/j jusqu’à 36 SA), prescrit dans le cadre d’antécédents de prééclampsie

Antihypertenseurs

Inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC, énalapril, Renitec ®)

Antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II ou sartan (losartan, Cozaar ®)

Atteinte rénale fœtale : oligo-anurie, insuffisance rénale à la naissance

Anomalies de la voûte du crâne décrites pour les IEC

Relais par un autre antihypertenseur le plus tôt possible ou avant la grossesse

Contre-indication du losartan aux 2e et 3e trimestres

Médicaments inducteurs enzymatiques

Antituberculeux (rifampicine, Rifadine ®)

Antiépileptiques (phénobarbital, carbamazépine, Tegretol ®)

Déficit en vitamine K et risque hémorragique en per partum

Déficit en vitamine D et risque d’anomalie du bilan phosphocalcique

Prévention chez la mère : vitamine K1 et vitamine D orales au dernier trimestre

Chez le nouveau-né : vitamine K1

 

Risque fœtal

 


Risque néonatal

Il nécessite un accueil pédiatrique à la naissance.

Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) - Mise à jour : 10/06/2016

 

Famille    

 DCI (nom commercial)    

    Type de risque  

      Conduite à tenir  

Antidépresseurs, benzodiazépines

Imipraminiques (clomipramine, Anafranil ®)

Inhibiteurs de recapture de la sérotonine (IRS) (fluoxétine, Prozac ®, paroxétine, Deroxat ®, citalopram, Seropram ®)

Benzodiazépines (diazépam, Valium ®, nordazépam, Nordaz ®)

Neuroleptiques (phénotiazine, Tercian ®, chlorpromazine, Largactil ®)

Détresse respiratoire dès la naissance, avec polypnée, acidose, respiration irrégulière sans anomalie de la radiographie pulmonaire

Risque de syndrome de sevrage néonatal ou de syndrome sérotoninergique (prise au 3ème trimestre)

Trémulations, hypertonie, troubles alimentaires, agitation/irritabilité, troubles respiratoires, hyperréflexie, pleurs incoercibles, troubles du sommeil

Hypotonie axiale, troubles de succion, mauvaise courbe pondérale

Syndrome extrapyramidal : hypertonie, mouvements anormaux, accès d’opisthotonos

Signes atropiniques : tachycardie, distension vésicale, agitation, troubles digestifs avec retard d’émission du méconium, voire iléus paralytique (rare)

Pour des posologies maternelles élevées, un syndrome du petit côlon gauche et exceptionnellement une entérocolite nécrosante

La durée des signes d’imprégnation est variable : environ 3 semaines pour les médicaments d’élimination lente (nordazépam) qui se transforment en métabolite actif.

Privilégier les médicaments à demi-vie courte

Bêtabloquants

Propanolol (Avlocardyl ®), labétalol (Trandate ®)

Hypoglycémie, bradycardie

Rare : insuffisance cardiaque aiguë, mauvaise adaptation à l’effort.

De rares cas de RCIU ont été décrits pour un traitement au long cours

Traitement prolongé : surveillance croissance fœtale, doppler ombilical

Prévenir l'équipe pédiatrique de la naissance de cet enfant : surveillance du rythme cardiaque et de la glycémie

 

Risque néonatal

 

Certains antibiotiques sont à éviter pendant la grossesse : 

- tétracyclines : coloration jaune des dents ;

- streptomycine : atteinte cochléo-vestibulaire ;

- quinolones : risque ostéo-articulaire.

 

 

 

 

 

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Date de dernière mise à jour : 20/05/2020